Le débat sur les minarets se déplace en France

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Le débat sur les minarets se déplace en France
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À l'exception du Front National, les responsables politiques regrettent le résultat du vote suisse interdisant les minarets.

L’interdiction des minarets votée en Suisse par référendum dimanche a suscité de nombreuses réactions en France. Tous les partis, à l’exception du Front national, se sont démarqués d'une initiative jugée "intolérante", même si certains ténors de droite se sont montrés plus prudents. A l’image de Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP : "Les salles de prières sont tout à fait indispensables, mais pour autant faut-il des minarets au-dessus de ces salles de prière ? Moi je n'en suis pas sûr", a-t-il déclaré, lundi matin sur France Inter.

Dans les rangs de la majorité, on s'est surtout efforcé d'insister sur le droit des quelque cinq millions de musulmans de France à pratiquer leur culte, réduisant la question des minarets à une affaire d'urbanisme. Est-ce qu'il faut modifier nos règlements d'urbanisme pour permettre qu'il y ait des minarets d'une certaine taille ? Je ne le crois pas", a indiqué le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand.

Seul le Front national a salué sans réserve le vote de dimanche, qualifié de leçon pour les "élites". Marine Le Pen a réclamé des consultations locales dans les villes qui ont prévu de construire des mosquées et un référendum national "sur l'immigration et le communautarisme", prônant un "vote plus large que celui de la Suisse" sur l'interdiction des minarets.

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a, au contraire, jugé mardi que ce débat sur les minarets n'était "pas d'actualité en France" où la Constitution prévoit la laïcité mais aussi "l'expression du droit de culte et la liberté religieuse". Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a lui aussi demandé d'éviter ce type de débats en France. "Nous devons favoriser en France l'émergence d'un islam de France qui s'intègre dans les valeurs de la République et le meilleur moyen de parvenir à cela c'est d'éviter les faux débats", a-t-il insisté. Avant lui, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, s’était dit "scandalisé" par la décision de la Suisse. "J'espère que les Suisses reviendront sur cette décision assez vite", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a accusé Nicolas Sarkozy d'introduire le même type de questions en France, estimant que ledébat sur l'identité nationale contribuait à faire de "l'étranger ou de l'immigré un bouc-émissaire"

Les Verts ont, eux, déploré lundi que le gouvernement se serve de l'interdiction des minarets pour "faire peur et nourrir un sentiment de rejet" à l'encontre des musulmans, le NPA y voyant, de son côté, une façon pour le pouvoir de "récupérer les voix du FN".