Le chômage, une "bataille sur la durée"

  • A
  • A
Le chômage, une "bataille sur la durée"
Partagez sur :

INTERVIEW E1 - Alors que les chiffres sont publiés vendredi, Michel Sapin se veut prudent.

"Sur la durée". Prudence avant la publication, à 18 heures, des chiffres de l'emploi au mois de décembre. Invité sur Europe 1, le ministre du Travail Michel Sapin a souligné que la baisse du chômage "se gagne sur la durée". "Ce n'est pas une bataille au mois le mois", a-t-il déclaré. "La question, c'est quelle bataille sur la durée. La bataille contre le chômage ne se gagne pas en un mois, elle se gagne sur la durée." "Aujourd'hui, la situation est mauvaise, elle l'est non pas depuis 6 ou depuis 9 mois, elle l'est depuis 19 mois", a estimé le ministre. "Donc ça fait des mois et des mois, bien avant que nous arrivions, que la machine à fabriquer du chômage est lancée."

>> LIRE AUSSI : Chômage : 2012, une année inédite

 Objectif maintenu. Le ministre a, cependant, répété l'objectif du gouvernement d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année. Une "ardente obligation" fixée par François Hollande et une bataille qui sera "remportée" a assuré Michel Sapin. Même si tout indique que le taux de chômage devrait continuer à augmenter ? "Qui est Tout ?", a rétorqué avec ironie Michel Sapin."Présentez-moi Monsieur Tout et je lui démontrerai pourquoi nous allons faire reculer le chômage au cours de cette année 2013." La différence entre un homme politique et un statisticien est que le premier "agit", a encore fait valoir le ministre. "Nous, nous agissons." Le ministre a ainsi cité plusieurs "outils concrets" mis en place par le gouvernement tels que les emplois d'avenir, les contrats de génération, le crédit-compétitivité ou encore l'accord sur l'emploi.

Emplois d'avenir : à chacun de faire un effort. Parmi les nouvelles mesures, le ministre a insisté sur les efforts de la part du monde associatif pour le succès des emplois d'avenir, dont les salaires sont financés à 75% par l'Etat et qui s'adressent à "500.000 jeunes sans emploi ni formation". "Je comprends que des associations préfèreraient embaucher un Bac+5 plutôt qu'un Bac-4", a reconnu le ministre. "Mais c'est à ceux-là qu'il faut redonner une chance, que chacun leur tende la main. Nous nous faisons l'effort (l'Etat c'est-à-dire les contribuables) alors que chacun fasse l'effort de les accueillir, les accompagner, les former."

Contre le déficit de l'Assurance chômage. Le ministre a par ailleurs régi au rapport sévère de la Cour des comptes sur le déficit de l'Assurance chômage, estimant que celui-ci n'était pas lié à des "abus". "Ce ne sont pas les abus qui aboutissent à un déficit croissant. C'est la situation sur le front du chômage. Donc le meilleur moyen pour rééquilibrer les comptes de l'assurance chômage, c'est qu'il y ait plus de gens au travail et moins de gens au chômage, c'est quand même une évidence."