Le Choc : extraits du livre sur DSK

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Le Choc : extraits du livre sur DSK
@ DR EDITIONS ROBERT LAFFONT
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EXCLU - Europe1.fr publie des passages du livre de David Revault d'Allonnes et Fabrice Rousselot, à paraître jeudi. 

HOLLANDE ET SES RENCONTRES AVEC DSK

Dans Le Choc -  New-York - Solférino, le feuilleton DSK  François Hollande évoque deux de ses entretiens avec DSK et raconte comment leur rapport de force a changé au fil des mois.

"A deux reprises ces derniers mois, il s'est entretenu avec lui. La première fois en novembre, dans un café de la place des Vosges. La deuxième fois quatre mois plus tard, en février, chez l'écrivain Dan Franck, un intime de DSK, à qui il prête souvent son appartement du boulevard du Montparnasse. Et, à en croire l'ex-patron du PS, entre les deux entrevues, le ton a changé. 'En novembre, il était encore interrogatif, raconte François Hollande. Il voulait un calendrier le plus long possible pour lui permettre de faire son choix jusqu'en octobre 2011. Et il expliquait que si Martine y allait, il n'irait pas. Mais en février, il considérait que Martine ne comptait plus. Le rapport de force entre les deux avait changé. Il y avait chez Dominique l'idée que ça allait se faire tout seul, la certitude que ça allait marcher. Sans combattre. L'idée que le match allait se jouer sans qu'il ait besoin de mettre le maillot et d'aller chercher le ballon'.

"A l'ancien premier secrétaire, qui s'apprête à se déclarer candidat à la primaire après sa réélection à la tête du conseil général de Corrèze, en mars, DSK demande ce qu'il compte faire. 'Il voulait me signifier qu'il évoluait vers la candidature. Et ce qu'il pouvait espérer de moi, c'est que j'y consente. Que je lui dise : 'Finalement, c'est une bonne idée, qu'est-ce que tu me proposes ?" Mais je lui ai répondu que mes intentions étaient d'être candidat. Puisque mon parcours depuis notre dernière rencontre, en novembre, m'autorisait à l'être. Ç'a été assez bref...' François Hollande n'a pas l'intention de se coucher."

DSK SEMBLAIT "DÉTRUIT" 

Les proches de DSK racontent comment l'ancien directeur du FMI a vécu les jours qui ont suivi son arrestation, le 15 mai. Notamment son ami Laurent Fabius.

"L'ancien Premier ministre est demeuré très touché par le sort fait à DSK : 'Il est dans sa maison. Il tourne en rond. C'est horrible. Extrêmement pénible.' Un proche du couple en atteste : 'Il semble détruit. Un mec cassé, comme s'il était drogué. Il passe son temps à dire : 'Qu'est-ce que j'ai fait pour qu'il m'arrive un truc pareil ?' Le sentiment d'injustice a été tel qu'il aurait ressenti un désir de mort. C'est sans doute pendant les quelques jours passés dans sa cellule à Rikers Island que l'ex-directeur général du FMI aurait songé au suicide. Passé de l'établissement pénitentiaire à la prison dorée, Dominique Strauss-Kahn semble à peine rétabli. Il passe ses journées à jouer aux échecs et au jeu de go. Avec certains proches, il s'est montré rassurant, leur affirmant qu'il faisait "de la gym".

DSK "PARANO" ?

Les partisans de Dominique Strauss-Kahn reviennent sur la crainte qu'avait leur champion d'une campagne présidentielle "pourrie". Et relatent les précautions prises avec les téléphones portables.

"Persuadé que son ami pourrait aisément être la cible d'écoutes sauvages, Jean-Jacques Urvoas (le secrétaire du PS à la sécurité) lui a fait passer des messages. Reçus cinq sur cinq. 'Laissez vos portables dehors' intimait souvent DSK, ces derniers temps.  Et même plus, lorsqu'il estime que l'enjeu du rendez-vous mérite une méfiance particulière. 'Il faut absolument que tu fasses attention, glisse t-il à ses interlocuteurs. Je ne fais plus une réunion importante sans enlever la batterie de mon Blackberry !' Etonnant quand on sait que, depuis des années, l'ancien ministre de l'Economie passe son temps à jouer avec ses smartphones lors de ses entretiens (...) Plusieurs membres du premier cercle confirment, comme Christophe Borgel. 'Ca faisait très longtemps qu'on ne disait plus de choses importantes au téléphone...' 'Bonjour, monsieur', plaisante souvent Dominique Strauss-Kahn, à l'adresse d'éventuelles oreilles indiscrètes, quand il téléphone à ses amis. Un système de communication sécurisé a même été mis au point : toutes les notes importantes doivent lui être transmises en version papier, par l'intermédiaire de son attachée de presse Anne Hommel. La méthode du pigeon voyageur... Une proche de Martine Aubry, qui le connaît bien, l'atteste : "Dominique avait la trouille". Un strauss-kahnien précise : "C'est surtout Anne qui avait peur…"

DSK ET LA QUESTION DU SEXE

Dominique Strauss-Kahn et ses proches s'attendaient aux pires coups fourrés pendant la campagne. Et s'y préparer au maximum. 

"A quelques semaines de l'entrée en campagne, DSK et les siens s'attendaient donc aux pires coups fourrés, devenus de véritables pistes de travail. "On avait planché sur les hypothèses qui, pouvaient faire basculer la campagne, raconte un de ses amis. Un fait divers à la papy Voise, un attentat comme celui de la rue des Rosiers : comment on gère ? " Et donc, bien sûr, la question du sexe. "Cela faisait partie des scénarios catastrophes sur lesquels on avait travaillé. Que faisait-on par exemple si une fille l'accusait d'agression après un meeting à Marseille et une nuit à l'hôtel ?" Cauchemar prémonitoire... Et tragique ironie de l'histoire : si les amis de DSK n'auraient jamais imaginés si rocambolesque scénario que celui de la suite 2806, ils avaient bien échafaudé les hypothèses les plus glauques."