Le centriste Bernard Stasi est mort

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Le centriste Bernard Stasi est mort
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L'ex-ministre, mort dans la nuit, était un défenseur de l'intégration des immigrés.

Bernard Stasi est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 80 ans. L'ancien ministre centriste et ancien médiateur de la République souffrait de la maladie d'Alzheimer. Il est mort dans un hôpital parisien.

Enarque, né en juillet 1930 à Reims, il fut ministre des Départements et Territoires d'Outre-Mer de 1973 à 1974 dans le gouvernement de Pierre Messmer. Seul portefeuille ministériel de sa carrière qu'il perdit après avoir condamné le coup d'Etat du général Pinochet au Chili.

Défenseur de l'intégration des immigrés

D'ascendance italienne, il incarnait un centrisme républicain fermement hostile aux idées du Front national. Cet homme de conviction défendait inlassablement l'intégration des immigrés et la richesse de la diversité française. Il avait publié en 1984 un livre au titre provocateur L'immigration : une chance pour la France, avant de récidiver en 2007 avec Tous Français.

Médiateur de la République de 1998 à 2004, Bernard Stasi a aussi présidé la commission sur la laïcité dont il remit le rapport à Jacques Chirac (le "rapport Stasi") en décembre 2003. En janvier 2005, il avait renoncé à présider la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), dont il avait présidé la mission de préfiguration en 2004-2005.

"La force de ses convictions"

Le président Nicolas Sarkozy a salué la mémoire de l'ancien ministre, en rappelant "la force de ses convictions", exprimées notamment lorsqu'il présida une commission sur la laïcité. "Son parcours au service de la France fut guidé par une exigence, toujours renouvelée: le respect des personnes", écrit l'Elysée.

Martine Aubry, première secrétaire du PS, souligne de son côté que Bernard Stasi "avait sa vision de l'identité de la France, fondée sur la diversité, la République et l'intégration. C'est au nom de cette très haute idée de la France qu'il a combattu sans répit les idées du Front national, ainsi que toutes formes de compromis et d'alliance avec l'extrême droite."

Pour Pierre Méhaignerie et Jacques Barrot, anciens président et secrétaire général du CDS, "son humanisme le conduisait à dépasser les clivages partisans et à développer tous les dialogues, en quête d'une plus grande justice". Tandis que Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, rappelle qu'il "avait la République chevillée au corps".