Le 21 avril 2002 "sonne" comme le 25 mai 2014

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Le 21 avril 2002 "sonne" comme le 25 mai 2014
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LANGAGE - 21 avril 2002, 25 mai 2014, deux victoires éclatantes du Front National, deux instants où discours politiques se ressemblent étrangement.

Séisme, choc… si vous avez suivi la soirée électorale des élections européennes de dimanche, vous avez sûrement entendu ces mots dans la bouche de Manuel Valls, dans les communiqués de l’Elysée et plus généralement sur les plateaux télévisés. Ce n’était pourtant pas la première fois que les citoyens français les entendaient fuser sur la scène politique. Douze ans plus tôt, un soir de 21 avril 2002 où le candidat FN était passé au second tour, ils avaient déjà été prononcés. Tour d’horizon.

>> L’annonce des résultats au soir du 21 avril



21 avril 2002 - 20 heurespar locapass

>> A gauche, la catastrophe naturelle

En 2002

 

A gauche de l’échiquier, la métaphore de la catastrophe naturelle semble être la formule préférée de la classe politique. A commencer par Lionel Jospin, principal intéressé de la déroute de 2002.

Christiane Taubira, candidate à ces mêmes élections, a elle le sentiment d’un "monde qui s’effondre". Filant la métaphore, elle conclut par un poétique et fataliste : "l’eau tombée au sol ne se ramasse pas".

Robert Hue, représentant communiste au premier tour, parle lui aussi d’une "catastrophe".

Seul Fabius avait alors détonné. Pas de séisme, de raz-de-marée ou d’effondrement, mais un « coup de massue » pour l’ex-Premier ministre.

En 2014

 

Dans un tout autre contexte, le PS, aux commandes du pays, reste dans le même champ lexical. A commencer par le Premier ministre Manuel Valls, qui parle de "séisme" et de "choc". Une expression relayée par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal : "c’est un choc profond, un choc à l’échelle du monde." Le communiqué de l’Elysée ressemble également à un bulletin de Météo France, indiquant que "le seuil d’alerte a été franchi". Au Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon s’inquiète d’une France "entrée en éruption". Chez les écologistes, Pascal Durand reste dans la veine de ses homologues en évoquant un "séisme", mais à la manière du coup de massue de Fabius en 2002, Emmanuelle Cosse préfère humaniser la défaite en parlant de "malaise".

Les expressions qui ressortent : choc, séisme, coup de tonnerre, monde qui s’effondre, volcan en éruption

>> Au centre et à droite, la catastrophe humaine

 

En 2002

Au centre  et à droite, la victoire du FN est également perçue comme une catastrophe, mais humaine cette fois-ci. Si François Bayrou parle lui aussi de "séisme" en 2002, il enchaîne rapidement sur le "désespoir" et "l’exaspération" des Français, légitime face à des gouvernants "lointains" et "sûrs d’eux-mêmes".



Bayrou fête ses 7% le 21 avril 2002par avenirdudesir

Jacques Chirac est resté dans la même métaphore humaine, appelant le peuple endormi à un "sursaut démocratique".

 "Gigantesque colère" pour Copé, "tragédie démocratique" pour Rama Yade. En 2014, les têtes d’affiche sont restés dans le même registre.

>> Côté FN, l’euroscepticisme payant

 Le discours le plus constant à douze ans d’intervalle est peut-être celui du FN. En 2002, Jean-Marie Le Pen voyait en sa qualification pour le second tour "un formidable vent d’espérance pour les petits sans-grades face à l’euromondialisme de Maastricht."   

Tel père, telle fille, puisque Marine Le Pen a forgé son succès électoral sur un euroscepticisme violent. « Non à Bruxelles, oui à la France ! » a été l’un de ses slogans au cours de cette campagne qui aura vu le FN arriver en tête pour la première fois de son histoire.  

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