Laurent Wauquiez, le favori mal-aimé

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Laurent Wauquiez, le favori mal-aimé
Laurent Wauquiez est favori de l'élection à la présidence LR, mais souffre d'un déficit d'image.@ Denis Charlet / AFP
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Avant le premier tour de l'élection à la présidence des Républicains dimanche, un sondage montre que Laurent Wauquiez, pourtant mieux placé pour l'emporter, divise profondément l'opinion.

Le costume de favori d'une élection n'est pas toujours facile à porter. Laurent Wauquiez, qui a été aux premières loges pour voir Alain Juppé doublé par François Fillon dans la dernière ligne droite de la primaire 2016, est bien placé pour le savoir. Un an plus tard, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes n'a pas tout à fait le même problème dans la course à la présidence des Républicains. Favori, il ne semble pas pouvoir être rattrapé par ses deux adversaires, Florence Portelli et Maël de Calan. En revanche, une enquête montre que s'il l'emportait, ce serait par défaut.

Wauquiez a une longueur d'avance. De fait, sa victoire semble acquise tant Laurent Wauquiez a d'avance sur ses deux concurrents. Parmi les sympathisants Les Républicains interrogés par l'institut Odoxa dans un sondage pour Le Figaro et France info publié vendredi, 62% indiquent qu'ils voteraient pour lui s'ils le pouvaient (seuls les adhérents à jour de cotisation sont électeurs). Florence Portelli ne recueillerait que 20% des suffrages, et Maël de Calan 14%. Un écart suffisant, donc, pour que Laurent Wauquiez soit "le grandissime favori", indique Gaël Sliman, président d'Odoxa.

Capture LW

Image dégradée chez LR... Mais "cette large domination doit être relativisée", poursuit le sondeur. Car l'image de Laurent Wauquiez est si dégradée qu'une victoire semble ne pouvoir se produire que par défaut. En deux mois, le candidat à la présidence LR a perdu 16 points d'intention de vote auprès des sympathisants de son parti. Preuve, pour Gaël Sliman, que "sa campagne a déplu". Ces personnes interrogées proches de la droite sont par ailleurs 47% à le juger démagogue, 38% à le trouver agressif et 31% à penser qu'il "imite le Front national". En revanche, la compétence du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est louée par 88% des sympathisants LR et son dynamisme par 86% d'entre eux. Reste que seul un tiers (34%) des sondés proches du parti de droite souhaitent que ce soit lui qui représente la droite à l'élection présidentielle 2022.

…et le reste des Français. En s'intéressant à l'avis de l'ensemble des Français, le jugement est plus sévère encore. Plus d'un sur deux (51%) ne le trouve pas compétent mais agressif, et presque autant estiment qu'il marche sur les plates-bandes de l'extrême droite (48%). Seulement 34% jugent Laurent Wauquiez "proche des gens".  Le candidat à la présidence LR "est sérieusement égratigné par nos concitoyens", conclut Gaël Sliman. Égratigné, aussi, par le personnel politique. Dans un entretien vendredi au Parisien, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde a prévenu qu'il "n'y aura plus d'alliance avec LR" en cas d'élection de Laurent Wauquiez.

Tout dépendra du score et de la participation. À 48 heures du scrutin, Laurent Wauquiez est donc face à un dilemme. Si le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes fait toute la course en tête, c'est notamment faute d'alternative. Le nombre de participants ainsi que les scores finaux importeront donc beaucoup. Une victoire du candidat à parka rouge est plus que probable, mais elle doit être éclatante s'il veut avoir toute légitimité.

Tout à reconstruire. Et de légitimité, Laurent Wauquiez en aura grand besoin pour remettre son parti sur les rails. Car ce que montre aussi le sondage Odoxa, c'est que LR n'a plus le vent en poupe. Certes, il est encore cité en premier comme "formation politique qui incarne le mieux la droite", mais par seulement 27% des personnes interrogées. La République en marche! pointe juste derrière, avec 20% des sondés qui en font le parti de droite par excellence. Quelque 67% des Français ne voient pas LR comme un parti d'avenir, 60% doutent qu'il puisse "revenir au pouvoir lors des prochaines élections" et 46% ne le juge même pas "utile à la vie politique".