Laurent Berger : "Certains politiques sont en train de fracturer la société"

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Laurent Berger : "Certains politiques sont en train de fracturer la société"
Laurent Berger salue plusieurs avancées sociales dans la réforme du Travail.@ REUTERS
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Dans une interview au Monde, le patron de la CFDT a en outre redit son soutien à la reforme du Travail. Il demande une mise en application rapide.

Laurent Berger a dénoncé ce jeudi un climat politique empoisonné par les polémiques et les rivalités. "Quand on voit les polémiques nées après les terribles attentats de l’été ou au sujet du burkini, il faut sonner l’alerte", estime-t-il à l'occasion d'un long entretien paru dans les colonnes du Monde. Pour le secrétaire générale de la CFDT, "certains politiques sont en train de fracturer la société autour de débats, de tensions qui n’ont pas lieu d’être, au détriment des vrais problèmes."

Plus de pédagogie. "Ce qui m’inquiète le plus c’est l’idée que demain il suffirait d’un homme ou d’une femme providentielle et de quelques ordonnances pour que tout soit réglé", déplore Laurent Berger, en référence aux méthodes de gouvernement avancées par certains candidats à la primaire de la droite et du centre, notamment Jean-François Copé et Bruno Le Maire. "Notre pays vit de profondes tensions, des fractures. Il est un peu perdu et on aura besoin de beaucoup de délibérations collectives, de pédagogie, de débats", poursuit Laurent Berger.

Opposition au FN. La CFDT a mis en place un collectif, "Les Places de la République", incubateur des positions qu’elle défendra pendant la présidentielle sur certains sujets, comme l’emploi ou la protection sociales, et sur lesquels elle compte interpeller les candidats. Néanmoins, affirme Laurent Berger, la CFDT "va clairement affirmer que le FN est un parti dangereux, pour les travailleurs, pour notre société et pour l’avenir". "Lutter contre le FN requiert des partis dits 'de gouvernement' qu’ils n’allument pas des controverses sur des sujets qui divisent notre société et stigmatisent une partie de la population", insiste le syndicaliste.

Une rentrée agitée. Pair ailleurs, Laurent Berger continue de défendre la loi Travail, alors même que la rentrée s’annonce agitée sur le plan social avec la reprise de la contestation, le CGT demandant désormais l’abrogation de la réforme. Le patron de la CFDT, toujours dans Le Monde, a notamment estimé que la réforme allait "cré[er] de nouveaux droits pour les salariés".  

Une appréciation négative à faire oublier. "L’aide à la recherche du premier emploi est effective, même un syndicat étudiant opposé à la loi travail, l’UNEF, s’est réjoui de son succès. Il y a toutes les obligations de protection pour les travailleurs du numérique dont on a vu cet été qu’ils pouvaient être en situation très difficile. Il y a aussi la mise en œuvre du dialogue social dans les entreprises et dans les branches", détaille Laurent Berger qui appelle à une publication rapide des décrets, "pour une application concrète des droits obtenus dans la loi travail", estimant cependant que la réflexion sur le compte personnel d’activité devait se poursuivre. "Je suis persuadé que quand tout se mettra en place, l’appréciation négative de cette loi sera loin derrière nous parce qu’elle est méconnue", affirme-t-il.

Pas de rupture avec la CGT. La CGT s’est largement opposée à la CFDT sur la loi Travail. En juin, Laurent Berger avait sonné la charge contre Philippe Martinez, estimant dans un entretien au JDD que le bras de fer entamé avec le gouvernement tenait du "jeu de rôles où chacun prétend montrer ses muscles. Il y a d’un côté un gouvernement en difficulté et de l’autre une organisation syndicale qui a voulu refaire son unité". Dans Le Monde, le chef de la CFDT affirme ce jeudi qu’"il n’est pas impossible de travailler avec la CGT si on partage des objectifs communs." "[…] il n’y a pas de travaux communs actuellement mais il n’y a pas de rupture", déclare-t-il.