Larcher : ignorer Bachar al Assad a conduit la France "dans une impasse"

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INTERVIEW - Invité du Grand Rendez-vous, dimanche, le président LR du Sénat a défendu une "inversion de nos alliances" diplomatiques et un rapprochement avec la Russie, l’Iran et donc le régime syrien.

Quelle réponse la France doit-elle apporter aux attentats qui ont frappé Paris vendredi soir ? Pour Gérard Larcher, "il faut que nous nous engagions dans une inversion de nos alliances ". Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Monde/I-Télé, le président Les Républicains du Sénat a estimé que "nous étions dans une impasse" en ignorant Bachar el-Assad. A ses yeux, désormais "il faut dialoguer bien évidemment avec la Russie, avec l’Iran", et donc avec leur allié, le régime syrien.

"A l’international, vous ne le savons  bien et je le sais parce que j’étais il n’y a pas longtemps au Liban, j’ai abordé ces questions en Algérie, je l’avais fait à Moscou. Je crois qu’il faut que nous nous engagions dans quelque part une inversion de nos alliances. La priorité des priorités, c’est la lutte contre l’Etat islamique et la politique ce n’est pas seulement de la morale. Bachar el-Assad, nous le condamnons totalement moralement bien évidemment, mais l’ennemi prioritaire de la France et du peuple français, c’est l’Etat islamique et il faut avoir le courage de se dire que pour partie nous étions dans une impasse dans le choix que nous faisions jusque-là", a-t-il déclaré, pointant du doigt la politique étrangère actuelle de la France. 

"Dialoguer avec la Russie, avec l’Iran". "Il faut bien évidemment dialoguer avec la Russie, avec l’Iran. C’est ce que j’appelle l’inversion des alliances et surtout la convergence des alliances", a poursuivi Gérard Larcher, avant d'ajouter : "On ne va pas débattre en permanence de la morale. Mener la guerre, c’est la mener totalement. On discute à Vienne en ce moment. Il faut conduire une politique étrangère différente. (…) Nous étions sur le terrain de la morale". Et l'élu de droite d'ajouter: "après le temps du deuil, il va falloir que nous réagissions collectivement".

"Pour moi, le Congrès doit être l’occasion pour le président de la République de nous dire ce qu’il va engager, décider. La première des réponses est une réponse intérieure : l’état d’urgence, (…) mais c’est aussi le rendez-vous budgétaire. Quels moyens pour la police et la gendarmerie, pour nos services de renseignement, pour notre armée ?", a ajouté Gérard Larcher.