Laïcité : Emmanuel Macron exclut auprès des élus l'idée d'un concordat avec l'islam en France

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Lors d'un dîner dans les Hauts-de-France, mardi, Emmanuel Macron a confirmé auprès d'élus locaux qu'il s'apprêtait à prendre des mesures à propos de la laïcité, sujet ultra-sensible.

EDITO

C'est un sujet qu'il n'aborde pas souvent, mais sur lequel il a tenu à se montrer ferme. Lors d'un dîner avec les élus locaux des Hauts-de-France, mardi, à Maubeuge, Emmanuel Macron leur a indiqué qu'il n’y aurait pas de concordat avec l’islam, entre autres mesures.

Des listes en lien avec l'islam politique en 2020 ? C’est l’idée qui avait parfois été évoquée : instaurer un contrôle par l'État sur une période donnée sur l’islam avec le choix, par la puissance publique, des autorités religieuses. C'est en contradiction avec l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que "la République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte". 

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Il écarte donc cette disposition du concordat, tout en confirmant aux élus locaux qu'il va prendre des mesures prochainement. Reste qu'avec le taux de chômage actuel et la faiblesse des partis de gouvernement, des listes montées par des candidats se réclamant de la mouvance de l’islam politique pourraient se créer pour les municipales de 2020, affirment plusieurs élus.

Durcir les contrôles. Selon plusieurs sources, et comme l'affirmait lundi L'Opinion, l’idée est de durcir les contrôles. Le quotidien a révélé lundi des extraits de l’avant-projet de loi pour réformer la loi de 1905, celle qui précisément définit sur plusieurs articles le régime financier des cultes. Il s’agirait de pouvoir élargir les ressources propres des associations cultuelles afin d’établir une transparence financière, comme l'a rappelé le ministre de l’Intérieur il y a quelques jours. Contre certification comptable et avantages fiscaux, les cultes pourraient posséder et gérer des immeubles, autant de revenus traçables et contrôlables. Le contrôle des flux financiers est l'un des axes pour organiser l’islam, comme l'avait révélé Europe 1 début septembre.

À Maubeuge, Emmanuel Macron a donc confirmé, pour la première fois, sans tambour ni trompette la direction qu'il comptait prendre pour la modification de la loi de 1905. Les cultes, prévenus officieusement de cette intention et qui ont des intérêts divergents, se préparent à un débat très délicat sur ce sujet, début 2019.