Lagarde : "Notre économie a pris le tournant de la reprise"

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Lagarde : "Notre économie a pris le tournant de la reprise"
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La ministre de l’Economie a mis en avant une croissance de 0,3% au troisième trimestre et une décélération des destructions d’emploi.

"On va entrer en 2010 avec de l’élan", a assuré Christine Lagarde, vendredi sur Europe 1. Interviewée depuis Singapour où elle est en déplacement, la ministre de l’Economie a cité deux chiffres encourageants : d’une part, une croissance de 0,3% au troisième trimestre, "le même exploit qu’au deuxième trimestre", et d’autre part, une "décélération des destructions d’emplois qui est souvent un signe annonciateur d’une stabilisation de la reprise".

"Ça me conforte dans l’idée que notre économie a vraiment pris le tournant de la reprise. J’espère qu’on finira l’année [au quatrième trimestre, NDLR] sur les chapeaux de roue, ça veut dire un peu mieux que 0,3% [de croissance]. Les indices de confiance qu’on a aujourd’hui nous permettent de l’espérer", a insisté Christine Lagarde. En revanche, sur l’ensemble de l’année 2009, "on sera évidemment en négatif car on ne peut pas retourner complètement une tendance", a reconnu la ministre de l’Economie.

Christine Lagarde a fixé trois caps à tenir dans les mois à venir : prolonger le plan de relance, poursuivre les réformes et "s’orienter vers un assainissement de nos finances publiques". "Notre pays est déterminé à assainir ses finances publiques. Il n’y a aucune équivoque là-dessus", a assuré la ministre de l’Economie. Mais Christine Lagarde a aussi tenu à prévenir la Commission européenne qui a demandé cette semaine à la France de ramener en 2013 son déficit public sous la barre des 3% du PIB, comme le prévoient les critères de Maastricht. "On ne peut pas à la fois couper les déficits et continuer le plan de relance. Il faut être un peu réaliste", a-t-elle expliqué.

D’où la proposition de Christine Lagarde : "continuons la relance pendant 2010, entrons dans un chemin vertueux d’assainissement de nos finances publiques et pour ce faire fixons-nous un horizon qui soit réaliste. Et pour moi, c’est 2014". Pourquoi pas dès 2013 ? "Si on a une croissance phénoménale, on pourra y arriver en 2013. Mais si on a une croissance un peu molle, ça me semble très irréaliste, et moi je veux prendre des engagements dont je sais qu’on pourra les tenir", a insisté la ministre française.

Christine Lagarde présidente de l’Eurogroupe, la réunion des pays de la Zone euro ? L’éventualité a été évoquée vendredi dans Les Echos. La ministre de l’Economie a paru surprise par cette information. "Ce n’est pas l’ordre du jour, ça me paraît un peu tôt de l’évoquer et je commencerai d’abord par en parler au premier ministre et au président de la République", a-t-elle déclaré.

> Réécoutez l'intégralité de l'interview de Christine Lagarde sur Europe 1 au micro de Jean-Pierre Elkabbach.