La Syrie s’invite dans la campagne présidentielle

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Une attaque chimique contre un village syrien a fait 72 morts civils mercredi. Attaque imputée au régime de Bachar al-Assad que certains, parmi les candidats à la présidentielle française, considèrent comme un allié… 

L'ÉDITO POLITIQUE

La colère d’Alain Juppé après l'attaque chimique qui a fait 72 morts mercredi en Syrie rappelle les candidats à leur responsabilité. "Les tenants de la realpolitik vont-ils encore oser nous expliquer que le régime de Bachar Al-Assad est un partenaire fréquentable ?", s’est-il interrogé mercredi sur Twitter.



Principal visé : François Fillon qui défend l’idée d’un dialogue avec le président syrien. Une position qui lui a d’ailleurs valu de recevoir en retour le soutien du dictateur syrien en janvier lors d’une interview donnée à  des médias Français. Mais François Fillon n’est pas le seul…

Le Pen et Dupont-Aignan lui tendent la main...Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, est ambigu lorsqu’il explique que c’est au peuple syrien de décider du destin de Bachar Al-Assad. Par le passé, il a même défendu l’idée d’un dialogue direct avec le dictateur syrien. Et je ne parle pas de Marine Le Pen qui considère que Bachar Al-Assad est le seul garant d’une solution viable face au terrorisme… Pareil pour Nicolas Dupont-Aignan qui défend la légitimité du boucher de Damas.

… Hamon et Macron le condamnent. En revanche, il n’y a aucune ambiguïté chez Emmanuel Macron et Benoît Hamon : ils condamnent le régime. Pour eux, Bachar Al Assad devra répondre de ses crimes. Mais, eux aussi, sont pris au piège de la hiérarchie de l’horreur. Emmanuel Macron l’a redit hier : "la priorité c’est d’éradiquer le terrorisme islamiste qui est une menace". "L’ennemi de la France c’est Daech, l’ennemi du peuple syrien c’est Bachar Al-Assad", complète Emmanuel Macron.

La realpolitik impose une certaine prudence aux candidats. Pourquoi cette prudence de la part d’Emmanuel Macron ? Parce que la realpolitik dont parlait Alain Juppé est liée à la campagne électorale. Les attentats en France qui ont traumatisé ce pays, la crise des migrants que certains instrumentalisent pour jouer sur les peurs… Tout cela imprègne la campagne et incite, y compris les adversaires du régime syrien, à regarder ailleurs… On est en plein cynisme. Mais ça s’explique par le fait que les  morts syriens pèsent moins dans la campagne électorale que ceux du terrorisme qui sont tombés chez nous.