La succession de Le Pen est ouverte

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La succession de Le Pen est ouverte
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Marine Le Pen et Bruno Gollnisch sont en lice pour prendre la tête du FN. Réponse mi-janvier.

Longtemps évoquée et systématiquement repoussée aux calendes grecques, la question de la succession de Jean-Marie Le Pen est ouverte. Le président du Front National (FN) a annoncé lundi que le prochain congrès destiné à choisir son successeur et le candidat du FN pour 2012 aura lieu les 15 et 16 janvier 2011.

"Je pars le coeur tranquille parce que ce n'est pas le désert derrière moi", avait assuré Jean-Marie Le Pen dans un entretien au Figaro Magazine daté du 10 avril. Pour lui succéder, le président du FN, âgé de 81 ans, laissera les militants trancher entre sa fille Marine, donnée largement favorite, et son ex-lieutenant Bruno Gollnisch.

"J'ai peut-être plus d'expérience qu'elle", a déjà avancé Bruno Gollnisch :

"Le nom de Le Pen est évidemment, au Front National, quelque chose de fondamental", lui a répondu Marine Le Pen.

Une succession impossible ?

Jean-Marie Le Pen a incarné son parti pendant quatre décennies, écartant les ambitions quand elles se faisaient trop pressantes. Depuis le "retour" des régionales, où il a réalisé le meilleur score des candidats FN au premier tour, des proches pensaient qu'il serait peut-être tenté par une dernière campagne présidentielle en forme de baroud d'honneur en 2012.

"C'est aux adhérents de trancher", s'est contenté de répéter Jean-Marie Le Pen dans les colonnes du Figaro magazine vendredi. Mais pour la plupart des analystes, Marine Le Pen, 41 ans, est à peu près assurée de succéder à son père, non seulement parce que le chef du FN gère le parti comme une entreprise familiale, mais parce qu'elle a le vent en poupe sur le plan électoral et médiatique.

Plusieurs cadres et anciens dirigeants proches de Bruno Gollnisch ont quitté ces dernières années le parti en dénonçant la "préférence familiale". Mais l'ancienne avocate a gagné ses galons sur le terrain électoral, en particulier dans le Nord-Pas-de-Calais où elle a failli ravir la mairie d'Hénin-Beaumont. Elle peut se targuer aujourd'hui d'être à l'origine du "renouveau" du FN, qui ne concerne pas seulement, selon elle, un électorat très populaire touché par la crise mais aussi des déçus du sarkozysme venus de droite.

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