La SNCF va faire un geste commercial pour les usagers ? "Mais qu’il arrête d’être radin monsieur Pépy ! On se fout du monde !", s'énerve Xavier Bertrand

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Le président des Hauts-de-France dénonce comme une forme de démagogie le geste commerciale annoncé par Guillaume Pepy en faveur des usagers handicapés par la grève à la SNCF.

INTERVIEW

Le président de la SNCF a lancé une opération de reconquête auprès des usagers. Pour amortir les effets de la grève perlée sur l’image du groupe, Guillaume Pepy a annoncé le déblocage de 3 millions de billets de TGV à moins de 40 euros, "sur toutes les destinations", une baisse du prix des cartes de réduction du 23 mai au 15 juin, mais aussi le remboursement d’une partie des abonnements TER pour les utilisateurs lésés par la mobilisation des cheminots.

Des annonces qui font sortir de ses gonds Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, estimant qu’il s’agit là d’une démarche essentiellement démagogique. "Qu’il arrête d’être radin monsieur Pepy !", lâche-t-il dimanche, au micro du Grand Rendez-vous d’Europe 1/CNews/Les Echos. "On nous dit : ‘pour les abonnés on va peut-être faire un geste de 50%’. Mais ils ont eu plus de 50% de leur abonnement qui a été remis en cause et pénalisé dans ma région", pointe le responsable politique. "Moi, j’ai eu plus de suppressions de trains qu’ailleurs".


>> Grève SNCF du dimanche 13 mai : les prévisions de trafic

"En plus, il [Guillaume Pepy] fait une différence pour l’Île-de-France, en disant que pour l’Île-de-France ce sera au minimum 50% [de remboursement] et [seulement] 50% pour les autres", s’agace l’élu. Le montant des indemnités pour les abonnés franciliens "ne pourra pas être inférieur à 50% du prix des abonnements, même s'il y a eu plus de trains en Île-de-France qu'en régions les jours de grève", a en effet indiqué Guillaume Pepy dans une interview au Parisien le 10 mai.

"On se fout du monde !" "Et puis toutes ces initiatives... Je croyais qu’il n’y avait pas d’argent à la SNCF. On se fout du monde !", déplore encore Xavier Bertrand. "Si on veut faire aimer le train – et ce sera le cas avec l’ouverture à la concurrence -, il faut faire des trains qui arrivent à l’heure", souligne-t-il.

Entendu sur Europe 1
Eh ! Qu’ils se réveillent à la tête de la SNCF !

Réveiller la belle endormie. Les syndicats de la SNCF organisent une consultation à partir de lundi  pour connaître l’opinion des salariés sur la réforme lancée par le gouvernement, précisément pour préparer l'ouverture du rail français à la concurrence. "On peut aussi faire un référendum auprès des usagers du train pour savoir s’ils sont favorables, ou non, à l’ouverture à la concurrence. Pour moi, la réponse est claire : c’est oui !", déclare Xavier Bertrand. "Le monopole a permis à la direction de la SNCF de ne pas se remettre en cause ", estime l’ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy.

"L’ouverture à la concurrence se fera dans les Hauts-de-France le plus tôt possible. Nous lancerons les procédures dès que la loi sera définitivement adoptée", avertit Xavier Bertrand. "C’est la seule façon de réveiller cette grande entreprise qu’est la SNCF", assure-t-il. "Eh ! Qu’ils se réveillent à la tête de la SNCF !", lance-t-il encore.


Par ailleurs, la journée de lundi sera aussi, à l'appel des syndicats, une journée "sans cheminots". Une manière pour les opposants de tenter de relancer la mobilisation plus d'un mois après son lancement. De son côté, Xavier Bertrand "craint un durcissement" du mouvement. "Dans la région des Hauts-de-France, un train a été saboté pour bloquer la circulation", relève le président de région, qui veut dénoncer ainsi un risque de violence.