La semaine de la "République"

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La semaine de la "République"
La semaine politique a été marquée par les rendez-vous protocolaires.@ REUTERS
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La république française a été cajolée par les politiques et leurs petites phrases cette semaine.

En ces jours de passations de pouvoirs, de nominations gouvernementales sur pupitre avec micros et de grands rendez-vous protocolaires… L'Esprit républicain a été omniprésent. Retour sur les phrases politiques qui ont marqué la semaine.   

La République tactile. Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire générale de l'Elysée de 2002 à 2005, est celui qui a orchestré la passation entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Peu avant celle de cette semaine, il ne cachait pas son émotion sur Canal+. "Il se passe un moment extraordinairement symbolique, on peut presque toucher la République. On n'est pas en monarchie, les hommes passent, c'est la République qui reste et le pouvoir passe de l'un à l'autre", décrit-il.

Hommage à (presque) tous les anciens présidents de la République. Lors de son discours d'investiture le 15 mai, François Hollande a salué les qualités de tous ses prédécesseurs,  sauf Nicolas Sarkozy, à qui il adresse simplement ses "meilleurs vœux".

"Je salue Charles De Gaulle, qui a mis son prestige au service de la grandeur et de la souveraineté de la France, Georges Pompidou, qui fit de l'impératif industriel un enjeu national,  Valéry Giscard d'Estaing, qui relança la modernisation de la société française, François Mitterrand, pour lequel j'ai une pensée toute particulière aujourd'hui même, qui fit tant pour faire avancer les libertés et le progrès social, Jacques Chirac qui marqua son attachement aux valeurs de la République, Nicolas Sarkozy, à qui j'adresse mes meilleurs vœux pour sa nouvelle vie", a-t-il déclaré.

Paris, le berceau. Toujours le 15 mai, le maire de la capitale Bertrand Delanoë a accueilli François Hollande à l'autel de ville. Avant de prononcer devant lui et 400 personnes un discours à la gloire de Paris, "berceau de la république".

"Tout au long d'une Histoire tourmentée, le peuple de Paris a été le centre et l'âme des grandes révolutions qui nous ont fait ce que nous sommes", a déclaré Bertrand Delanoë, avant de citer la prise de la Bastille, le Commune de Paris et "tous les Gavroche de la Terre".  



"Monsieur le président de la République." Invité du 20h de France2, Jean-Marc Ayrault a confié toute son émotion sur sa nomination comme Premier ministre et sur l'élection de François Hollande.

"Je lui ai dit : 'merci de ta confiance'. J'avais une telle émotion que c'était la première fois que je ne l'appelais pas François mais M. le président de la République. C'était un bonheur extraordinaire", a raconté Jean-Marc Ayrault.

Valls pique Guéant.  La passation de pouvoir au ministère de l'Intérieur a peut-être été républicaine par le protocole, mais elle peinait à cacher les dissensions politiques entre les deux hommes. En témoigne la pique lancée par le nouveau au sortant, accusé à de nombreuses reprises par la gauche de stigmatiser les roms ou les musulmans.

"Pour celui qui n'est pas né en France, qui est devenu français, devenir ministre de l'Intérieur, cela montre bien que la France est un pays un peu à part. Il n'y aura [dorénavant] ni angélisme, ni course effrénée aux chiffres, ni stigmatisation de communautés, d'une catégorie par rapport à une autre, notre pays a besoin de tempérance et de mesure, les Français vivent une période difficile", a prévenu Manuel Valls.



Passation émotion entre Juppé et  Fabius. La passation de pouvoir du ministère des affaires étrangères restera comme l'une des plus émouvantes. Respectueux, les deux hommes d'expériences, tous deux anciens premiers ministres, semblaient très touchés par l'instant.    

"Monsieur le Premier ministre, cher Alain Juppé, les pouvoirs passent, mais les intérêts de la France demeurent, a déclaré Laurent Fabius. Nous avons suivis des chemins qui présentent quelque analogie. Je ne parle pas des analogies qui font la joie des caricaturistes [en référence à leur ressemblance physique] Je parle des analogies de fond. Ce que j’ai lu de vos déclarations me fait penser que ce poste est probablement celui que vous avez le plus aimé. Je pressens qu’il en sera de même pour moi."