La semaine "à droite toute" de Sarkozy

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La semaine "à droite toute" de Sarkozy
Sarkozy tentera de refaire son retard sur Hollande, mardi France 2.@ REUTERS
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Pour reprendre la main, le président-candidat multiplie cette semaine les déplacements et les meetings.

Un méga-meeting à Villepinte, la présentation de son programme dans la foulée, un prime-time sur France 2, une réunion publique en province : le candidat Nicolas Sarkozy a surchargé son agenda de campagne cette semaine. Une semaine que beaucoup voient d'ailleurs comme celle de la dernière chance pour le candidat UMP. Une semaine pour retourner à ses fondamentaux

"C'est effectivement une semaine cruciale qui s'ouvre pour Nicolas Sarkozy. Son objectif majeur et impératif est de repasser devant Hollande au premier tour", explique à Europe 1, Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'Ifop. Aujourd'hui, "trois points séparent encore Nicolas Sarkozy de François Hollande. Nous sommes donc là dans une véritable exception : jamais dans l’histoire de la Ve République, un président-sortant s’est retrouvé second dans les intentions de vote. Même Valéry Giscard d’Estaing, battu en 1981, avait fait la course en tête", à moins de cinquante jours de la présidentielle.

De Saint-Quentin à la Mosquée de Paris

Pour reprendre la main, Nicolas Sarkozy mise sur "l’occupation du terrain" et sur un "discours musclé". Cette semaine, il veut être partout et multiplier les déplacements.

Lundi par exemple, le président-candidat s'est rendu pour une visite quasi-surprise à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Un rendez-vous que son équipe de campagne a calé, seulement 48 heures à l'avance et dont les détails ont été finalisés dimanche soir. Plus tard dans la semaine, Nicolas Sarkozy compte également créer un coup médiatique, en se rendant à la Mosquée de Paris, en pleine polémique sur la viande halal. Il inaugurera alors une stèle en hommage aux combattants musulmans morts pendant la Première Guerre mondiale.

Et jeudi ? Comme rien n’est encore inscrit à son agenda pour cette date, Nicolas Sarkozy a demandé à son staff de réfléchir à un autre déplacement. Il pourrait ainsi tenir "une réunion publique" du côté de la Loire ou de la Corrèze, sur les terres-même de son rival François Hollande. Son équipe a calé plusieurs lieux : au candidat de décider au dernier moment. 

Un discours conservateur

A chacun de ces déplacements, Nicolas Sarkozy devrait annoncer des prises de décision tranchées, très conservatrices.

Le candidat n’a en fait plus le choix : il doit taper fort, plus fort qu’en 2007, car aujourd’hui, ses thèmes de campagne ne sont plus audibles. "Il traîne en effet son bilan comme un boulet. Tout ce qu’il dit, toutes ses annonces sont décodées à travers le prisme de son bilan. Par exemple, il parle d’une augmentation du salaire des enseignants s’ils travaillent plus, cela réactive le travailler plus pour gagner plus et le message passe mal", explique encore Frédéric Dabi.

Ces prises de position, dont la plupart sont des retours aux fondamentaux - notamment sur l’immigration et la viande halal - Nicolas Sarkozy a prévu de les détailler en prime time, mardi soir, sur France 2 lors de l’émission Des paroles et des actes.

Là, le président sortant débattra  avec le socialiste Laurent Fabius. Amateur de petites phrases, l'ancien Premier ministre est un habitué des plateaux télés. De quoi assurer le show.

Villepinte pour l’apothéose

Enfin, dimanche, pour finir en apothéose, Nicolas Sarkozy donnera un méga-meeting à Villepinte en Seine-Saint-Denis. Ce meeting, le président-candidat le veut fondateur comme celui de Versailles en 2007. Les petits plats ont donc été mis dans les grands : 50.000 sympathisants, voire plus, sont attendus ; François Fillon a été dépêché pour prononcer un discours d’introduction ; et les ex-fâchés de la Sarkozie ont été rappelés à la rescousse. Rachida Dati et même Rama Yade devraient donc assister à ce grand raout.

Du début à la fin, ce meeting est donc conçu comme une démonstration de force : Nicolas Sarkozy y présentera un programme et prévoit d’afficher une belle photo du rassemblement de la droite, comme Hollande a fait au Bourget. En plus grand.

Cette omniprésence du candidat Sarkozy se traduit par une quasi absence du président : sur l’agenda mis en ligne par  l’Elysée - pour la première fois depuis cinq ans - n'est inscrite qu’une seule date, celle du conseil des ministres mercredi matin.