"La rigueur, sauf pour les plus riches"

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"La rigueur, sauf pour les plus riches"
Pour Benoît Hamon, le budget 2011 entraînera "inévitablement des inégalités".@ REUTERS
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L’opposition a fustigé le projet de budget 2011, présenté mercredi, le jugeant injuste.

Le projet de loi de finances 2011 a été vertement critiqué par l’opposition mercredi, quelques heures après sa présentation en conseil des ministres. Destiné en priorité à réduire le déficit public, le budget 2011 se démarque surtout par des coupes drastiques dans les dépenses de l’Etat, et par un rabot de près de 10 milliards d’euros sur les niches fiscales.

Benoît Hamon insiste d’abord sur "la poursuite des suppressions de postes de la Fonction publique. En période de crise, il y aura donc moins de services publics, moins de politiques publiques dont inévitablement plus d’inégalités", estime le porte-parole du Parti socialiste sur Europe 1. "Mais le gouvernement réussit quand même l’exploit extraordinaire de maintenir le bouclier fiscal. On fait donc une politique d’austérité, de rigueur pour tout le monde, sauf pour les plus riches. C’est la marque de fabrique de ce gouvernement qui décidément n’impose pas la même loi, les mêmes efforts, à tous."

Ecoutez Benoît Hamon :

Pour Martine Aubry, ce projet de budget va toucher "d'abord les classes moyennes et pas ceux qui ont véritablement de l'argent". Il fallait "un budget qui baisse les déficits mais qui n'empêche pas la croissance de redémarrer. Au lieu de cela, on a un budget qui augmente les impôts, donc c'est un vrai plan de rigueur, et qui réduit des dépenses qui pourtant auraient été nécessaires pour maintenir la croissance", a jugé la première secrétaire du PS sur Canal Plus.

Martine Aubry déplore l’arrêt du plan de relance, le gel des subventions aux collectivités locales, la ponction sur le budget des HLM. "Tout cela aurait permis de relancer l'investissement d'un côté et la croissance de l'autre. Au lieu de cela, c'est austérité sur tous les plans en touchant d'abord les classes moyennes et pas ceux qui ont véritablement de l'argent", s'est-elle insurgée.

"Insuffisant et anti-écologique"

S’appuyant sur le chiffre du taux de prélèvements obligatoires qui passera de 41,9% du produit intérieur brut (PIB) cette année à 42,9% en 2011, Ségolène Royal a préféré pointer du doigt "la plus forte hausse d'impôts depuis 1995 sauf pour le grandes fortunes avec le maintien du bouclier fiscal". La présidente de Poitou-Charentes a par ailleurs critiqué un projet "insuffisant". "On aurait attendu des réformes structurelles dans la loi de Finances qui aurait permis de maîtriser des recettes et de maîtriser des dépenses", a-t-telle déclaré sur France 2.

Mais c’est aussi la dimension, selon elle, anti-écologique du projet sur l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007 a insisté. "L'un des ressorts de la croissance, c'est la croissance verte qui est très directement frappée, freinée puisque les impôts supplémentaires arrivent sur l'énergie photovoltaïque avec la réduction de l'avantage fiscal". Pour elle, "cette filière est gravement déstabilisée", or "c'est un de nos atouts industriels majeurs".