La redéfinition du champ de la formation fait débat à l'Assemblée

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La redéfinition du champ de la formation fait débat à l'Assemblée
Muriel Pénicaud a défendu une "simplification" de la formation professionnelle (image d'archives). @ ALAIN JOCARD / AFP
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Alors que la ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu une définition "resserrée" des actions de formation à l'Assemblée mercredi, l'opposition a fustigé une réforme de "simplification à outrance".

La redéfinition du champ de la formation professionnelle dans le cadre du projet de loi porté par Muriel Pénicaud, a fait débat mercredi soir à l'Assemblée. Le gouvernement et la majorité ont défendu "plus de lisibilité", face à des élus d'opposition critiques.

De 14 à quatre actions de formation. Le texte prévoit notamment une définition "resserrée" de quatre actions de formation concourant au développement des compétences, plutôt que la liste de 14 actions existantes (par exemple de lutte contre l'illettrisme ou permettant de réaliser un bilan de compétences).

Aux élus de l'opposition de droite comme de gauche craignant de voir ainsi disparaître des actions de formation, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a assuré que le texte n'en supprimait "aucune" et qu'il n'y avait "pas besoin de les énumérer toutes pour qu'elles existent", suggérant d'ajouter un préambule pour rassurer sur les fondamentaux.

Pénicaud plaide pour une simplification. Elle a mis en avant le besoin de "déverrouiller", alors qu'aujourd'hui, les entreprises doivent faire face à "14 cases ubuesques". La ministre a souligné que si "la France était en avance dans les années 70", elle est désormais "en retard" avec "seulement un tiers des salariés qui se forment chaque année". 

"Alors, oui, on peut se faire plaisir à faire des listes longues comme un jour sans fin, c'est pas ça qui aide les entreprises, c'est pas ça qui aide les salariés", a-t-elle plaidé, défendant une "simplification". La rapporteure Catherine Fabre (LREM) a aussi défendu une "définition rénovée et resserrée, mais qui couvre le champ couvert auparavant par la liste à la Prévert", défendant des mesures "tout simplement à des fins de lisibilité".

Une "vision étriquée" de la formation, pour la gauche. L'Insoumise Clémentine Autain a dénoncé en retour une rationalisation qui "étroitise le champ de la formation professionnelle", sa collègue Danièle Obono critiquant aussi cette "simplification à outrance". "Cet inventaire de Prévert mérite un autre sort", a estimé Pierre Dharréville (PCF), dénonçant "une vision étriquée" de la formation.

L'élu LR Patrick Hetzel a lui condamné une volonté de "recentraliser l'appareil de formation", évoquant un risque de fermeture de 700 Centres de formation d'apprentis (CFA), ce qu'ont récusé des élus de la majorité.