"La question de Calais est une question de droit d'asile"

  • A
  • A
Partagez sur :

Invité de l'interview politique de Jean-Pierre Elkabbach, Pascal Brice, directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) réagit au démantèlement du camp de migrants de Calais.

INTERVIEW

Alors que l'évacuation du camp de migrants de Calais se poursuit ce mardi, Pascal Brice, directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) explique au micro d'Europe 1 les conditions dans lesquelles les demandes d'asiles des migrants seront traitées.

"Bye bye Jungle". "La fin du camp est une bonne nouvelle pour les migrants et pour nous", affirme Pascal Brice. "Depuis hier, certains migrants disent "bye bye Jungle". Depuis lundi et la première phase de l'opération de démantèlement de la Jungle de Calais, près de 2.300 personnes ont été évacuées. Rien que dans la Jungle, près de 70% des personnes a fait une demande d'asile selon Pascal Brice, le double du taux habituel en France . Elles font partie des 100.000 personnes ayant fait une demande, cette année en France.

Entendu sur Europe 1
La question de Calais est une question de droit d'asile. Beaucoup plus qu'une question de migration économique

Ceux qui relèvent du droit d'asile et les autres. "C'est un succès que les migrants demandent l'asile", confie Pascal Brice avant d'ajouter : "Il y a deux ans, pas une seule personne n'en n'avait émis le souhait". Parmi les files de migrants qui prennent les bus pour des centres d'accueil répartis un peu partout en France, des hommes, mais aussi des femmes qui ont fui des dictatures, des guerres "et qui relèvent de la Convention de Genève", précise Pascal Brice. Pour les autres, ceux qui ne relèvent pas du droit d'asile, ce sera aux préfectures d'aviser de leur sort.

"Il appartient à l'Ofpra qu'une nouvelle Jungle ne réapparaisse plus". Réagissant aux différentes craintes, notamment celle de Natacha Bouchart, maire (LR) de Calais qui s'inquiète de voir des migrants se cacher dans la ville, Pascal Brice estime que le démantèlement de la Jungle est "un beau moment pour les Calaisiens, les migrants et les associations". Sur le risque de voir se recréer de "nouveaux Calais" après l'évacuation du camp principal, le directeur de l'Ofpra tranche : "Il appartient à l'Ofpra à ce que cela n'arrive plus", même s'il reconnaît que la possibilité de petits camps en marge de la jungle existe.