La politique de l'onde de choc

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La politique de l'onde de choc
De la grande conférence sociale au plan de redressement de PSA, le vocabulaire de la semaine a été marqué par du "drame national" et du "choc pour la nation".@ Europe1.fr avec MaxPPP
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Choc et gravité ont marqué le vocabulaire de la semaine politique.

De la grande conférence sociale au plan de redressement de PSA, l'actualité socio-économique a été brulante cette semaine. À en écouter les réactions de nos politique, le France ne peut plus tenir debout.

"Un choc pour la nation".  Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, très concerné par le dossier, est celui qui a sorti les plus grands mots au sujet du plan de redressement de PSA, qui prévoit 8.000 suppressions de postes. Le qualifiant de "choc pour la nation" française… il a même incité les entreprises à aller créer leurs "chocs" ailleurs.  "Nous allons examiner toutes les alternatives possibles. Par exemple pourquoi choisit-on encore un site en France, Aulnay, plutôt que d'autres sites en Europe", a-t-il demandé sur TF1 jeudi soir.

"Une onde de choc." Même son de tambour du côté de la ministre des Affaires sociales. "On ne peut pas accepter quelque chose comme ça. C'est une onde de choc", a déclaré Marisol Touraine sur Europe 1. "L'industrie automobile a longtemps été un des fleurons de notre économie. Mais ça n'est manifestement plus le cas", regrette-t-elle.

"Grave", "drame" et "crise nationale". Dans l'opposition, on ne pèse pas beaucoup plus ses mots. "Ce qui se passe avec PSA est extrêmement grave, c'est un drame national qui doit trouver une réponse dans l'unité nationale et pas dans l'esprit partisan. Nous sommes devant une crise nationale, s'est lâché le sénateur UMP et ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Le drame est suffisamment lourd pour le pays pour ne pas avoir de comportements polémiques ou partisans mais pour se rassembler pour trouver des solutions."

La "cote d'alerte est dépassée". Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, ne s'est pas non plus privé de souligner la gravité de la situation. "La cote d'alerte est dépassée. Je suis extrêmement préoccupé par cette annonce", a-t-il dit sur France Info. "Il faut que le gouvernement sache que dans ce domaine, l'opposition au nom de laquelle je m'exprime ce matin, sera à ses côtés s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie".

"C'est du cinéma!". À l'opposé de l'onde de choc, l'opposition a par contre raillé la faiblesse de la Conférence social du début de semaine, qui a fixé le calendrier des réformes socio-économiques du pays.  "Je suis inquiet. Cette conférence, c'est du cinéma. Tout le monde est pour une grande conférence sociale ! Mais ce qui compte, ce sont les décisions qui sont prises. Or on nous annonce des réformes mais pas avant un an alors qu'il y a urgence", a confié Jean-François Copé dans un entretient aux Echos le 11 juillet. Selon lui, "tout ce qui a été fait" par le gouvernement vient "plomber le pouvoir d'achat des Français et la compétitivité de nos entreprises".

"Un coup de canif à la méthode". À mi-chemin entre "l'onde de choc" est le "cinéma" en terme de puissance : le "coup de canif". Jean-François Pilliard, délégué général du Medef, a accusé certains ministres d'avoir été "inutilement agressifs" au sujet des salaires des patrons lors de la conférence sociale. "Les prochaines semaines vont être déterminantes. Il y a eu un coup de canif à la méthode qui jette un doute sur la volonté initiale", a-t-il regretté.

L'Angleterre "shocked" par l'humour de Hollande. Enfin, c'est François Hollande qui a provoqué un petit "shock" outre-manche. La presse britannique a vivement raillé le président français, après ses rencontres avec le Premier ministre David Cameron et la reine au château de Windsor. "Le président n’est pas vraiment le plus chaleureux des hommes", a par exemple soulevé le Daily Telegraph, pour qui les blagues de François Hollande ont fait flop.

Le président français n’a ainsi "pas pu résister" à lancer une petite pique sur le récent scandale au sein de la banque Barclays, note de son côté le tabloïd The Daily Mail. Une remarque avec laquelle il a pris le risque "d’irriter les sensibilités britanniques", estime enfin le Financial Times.