La polémique autour de la une de Valeurs actuelles est-elle démesurée ?

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La polémique autour de la une de Valeurs actuelles est-elle démesurée ?
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FACT-CHECKING – Yves de Kerdrel affirme qu’il y a 20 ans, la une du Figaro Magazine “Immigration et invasion“ n’avait pas choqué. Vrai ou faux ?

LA PHRASE – Le directeur de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, Yves de Kerdrel, était l’invité du Grand direct des médias sur Europe 1 jeudi matin. Le journaliste n’a pas eu de mots assez forts pour dénoncer l’attaque en règle que connait son magazine. Depuis quelques jours la polémique enfle autour de sa une consacrée aux naturalisations qui montre une Marianne voilée. Le titre-choc “L’invasion qu’on cache“ a ému une grande partie de la classe politique. Yves de Kerdrel n’a pas manqué de se défendre au micro de Jean-Marc Morandini. Selon lui, il n’est pas le premier à comparer immigration et invasion. “Il y a une vingtaine d'années, explique-t-il, le Figaro Magazine a fait sa une avec une Marianne voilée, ça s'appelait “Immigration ou invasion“, le texte était de Valéry Giscard d’Estaing et personne ne s’est insurgé“.

>> Dans sa chronique, Laurent Guimier revient sur cette déclaration :

Yves de Kerdrel évoque le Figaro Magazine en date du 21 septembre 1991. On y retrouve effectivement plusieurs éléments présents sur la couverture de Valeurs Actuelles : une Marianne voilée et cette comparaison entre immigration ou invasion. Mais le vrai coup de tonnerre provient du contenu du journal. A l’époque, Valéry Giscard d’Estaing y signe une tribune dans laquelle il évoque un possible retour au droit du sol. “Le type de problème auquel nous aurons à faire face se déplace de celui de l'immigration vers celui de l'invasion”, écrit l’ancien président de la République. En 1991, cette phrase choque profondément la gauche comme la droite.

Le socialiste Pierre Bérégovoy se dit alors “consterné“ et “blessé pour la France“. Du côté du RPR, Patrick Devedjian évoque le laxisme des socialistes sur les questions d’immigration mais refuse de cautionner des propos qu’il juge dignes du Front national. Quant à Philippe Seguin, il fait part de sa colère : “Il y a quelque chose de pourri dans un pays où chaque immigré est considéré comme un envahisseur“. Contrairement à ce qu’affirme Yves de Kerdrel, en 1991, la couverture du Figaro Magazine a bien choqué, à droite comme à gauche.