La mauvaise passe d'Emmanuel Macron

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La mauvaise passe d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a passé une semaine difficile, marquée par les polémiques.@ STRINGER / AFP
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En une semaine, le fondateur d'En Marche! a commis quelques erreurs et multiplié les revirements.

L'ÉDITO POLITIQUE

Jusqu'ici, il semblait marcher sur l'eau, bien aidé par les circonstances. Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, avait vu les planètes s'aligner parfaitement pour lui laisser sa chance dans la course à l'Élysée : la défaite de Manuel Valls et la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, puis les ennuis judiciaires de François Fillon. L'espace politique s'était ouvert pour sa candidature, ni de droite ni de gauche.

Déclarations polémiques. Mais tout a une fin. Et cette semaine, l'ancien ministre de l'Economie a commis ses premières erreurs. Il y a eu, bien sûr, ses déclarations sur la colonisation "crime contre l'humanité" aux médias algériens. Si Emmanuel Macron a eu le mérite d'ouvrir le débat, il a ulcéré les rapatriés comme les anciens combattants d’Algérie. Alors certes, ce n'était de toute façon pas le cœur de son électorat. Mais à l'agacement s'est ajouté un rétropédalage en règle. De "crime contre l'humanité", le candidat est passé à "crime contre l'humain". Pas de repentance, mais tout de même des regrets pour celui qui, en meeting samedi à Toulon, n'a pas présenté d'excuses mais s'est dit "désolé". 

Revirements. Ce n'est pas son seul zigzag. Pendant cette semaine de toutes les surprises, Emmanuel Macron a expliqué que la manif pour tous avait été "humiliée". Avant d'essayer de calmer le jeu en se disant favorable à la PMA pour les couples de femmes. Un art du compromis qui n'est pas sans rappeler François Hollande. À l'arrivée, on ne sait plus vraiment ce qu'il pense sur ces sujets et cela donnera forcément du grain à moudre à ses adversaires qui estiment qu'il n'a ni programme, ni propositions, ni conviction. Bruno Le Maire, député LR de l'Eure, s'est donné un malin plaisir, dimanche sur Europe 1, à lister les thèmes sur lesquels la position de l'ancien ministre de l'Économie a changé. 

Il dévisse dans les sondages. Le candidat d'En Marche! semble dans une mauvaise passe. Sa stratégie attrape-tout, par définition fragile, ne convainc plus. Cela se traduit dans les sondages où, jusqu'ici, il était bien parti. Mais le fondateur d'En Marche! dévisse, François Fillon, qui lui avait laissé sa place de qualifié pour le deuxième tour, le rattrape. Son principal argument de vente pour l'électorat de gauche -être le seul à pouvoir empêcher un deuxième tour Fillon / Le Pen- tombe à l'eau.

C’est à lui d’enrayer la spirale de la chute. En prouvant à ses détracteurs que oui, il a des positions, des propositions, des convictions. Mais à soixante jours du premier tour, il n'a plus beaucoup de temps pour le faire.