La lutte finale de Jean-Luc Mélenchon pour obtenir ses 500 parrainages

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Le candidat à la présidentielle peut compter sur des relais locaux pour partir à la chasse aux signatures. Comme Tony Bernard, maire de Châteldon, qu'Europe 1 a accompagné dans sa quête.

REPORTAGE

"J'en ai toujours un sous la main." Cela fait des semaines que Tony Bernard ne se sépare jamais de son fameux dossier bleu. À l'intérieur : des formulaires de parrainage pour Jean-Luc Mélenchon. Le maire (Parti de Gauche( de Châteldon sillonne tous les jours son département du Puy-de-Dôme pour convaincre les élus de rallier celui qui s'est déclaré candidat à la présidentielle dès le mois de février dernier.

Une chasse plus difficile après la réforme. Sa technique est bien rodée. "Il ne faut pas faire de harcèlement. Quand je sens les collègues un peu disponibles, je leur rappelle que les parrainages, c'est maintenant", explique-t-il. Mais la chasse aux 500 signatures, indispensable sésame pour être qualifié pour l'élection, est plus difficile qu'en 2012. En cause : la réforme des règles de la présidentielle, adoptée par le Parlement en avril dernier. Les parrainages doivent désormais être adressés directement au Conseil constitutionnel et seront rendus publics deux fois par semaine. Ce qui permet certes d'éviter tout faux suspens autour de l'obtention des signatures, mais force les maires à assumer leur choix devant leurs administrés et leur parti. 

"Je n'ai pas pris de décision". "Certains se disent qu'ils ne veulent pas être identifiés à un candidat", souligne Tony Bernard. Et sont donc un peu plus réticents. "On a toujours une petite appréhension", confie ainsi Béatrice, maire d'une commune de 300 habitants, qui reçoit la visite de l'édile de Châteldon. Ce dernier tente de la convaincre que son champion porte "la voix qui pourra redonner un peu de lustre à la République dans les territoires ruraux, et elle en a besoin". L'argument semble porter. "Quand je lis le programme de Jean-Luc Mélenchon, cela me donne envie", reconnaît Béatrice. "Mais pour le moment, je n'ai pas pris de décision."

Course d'endurance. Pour Tony Bernard, comme pour tous les autres relais locaux des candidats qui n'appartiennent pas à un gros parti - Jean-Luc Mélenchon s'est lancé sans l'appui d'aucune formation politique -, la course d'endurance s'annonce éreintante. Au dernier pointage, l'eurodéputé avait engrangé 235 promesses de parrainages.