La leçon de "couac" du gouvernement

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La leçon de "couac" du gouvernement
@ REUTERS
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Plusieurs ministres ont invité les médias à réfléchir à la définition du mot "couac". Chiche ?

Couac par-ci, couac par là. Le gouvernement, par la voix de plusieurs ministres, s'est insurgé, mercredi, contre l'utilisation "excessive" ou "inadaptée" du mot couac. "Il y a un mot qui commence à me hérisser le poil : c’est le mot couac. On le met vraiment à toutes les sauces, à propos de n’importe quoi", s'est emporté le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, invité de BFMTV. Alors qu'elle était interrogée, sur RTL, sur le couac ou pas couac du Premier ministre au sujet des 35 heures, Cécile Duflot a, elle, rétorqué : "Vous allez me définir ce que c'est qu'un couac parce que c'est devenu une espèce de leitmotiv !"

"Un problème de vocabulaire"

Même élément de langage repris quelques heures plus tard par Alain Vidalies. A propos du rejet de la loi sur la tarification progressive de l’énergie suite à une alliance entre communistes et UMP, le ministre en charge des relations avec le Parlement a invité les journalistes à revoir la terminologie du mot "couac". "Je ne vois pas comment on peut imaginer que ce soit un couac du gouvernement", a-t-il tancé. "Il y a un problème de vocabulaire".

"Ce qui s'est passé relève d'une situation politique qui est celle du Sénat", a-t-il conclu. Le ministre a-t-il soufflé l'idée d'une offensive gouvernementale contre le mot "couac" ? Le 25 septembre, Alain Vidalies confiait déjà en "avoir assez d'entendre parler de 'couacs' dès qu'un ministre a "une petite opinion nuancée" ou qu'un député "annonce une idée".

"Un couac, c'est une fausse note"

belkacem carré
Lors du compte-rendu du conseil des ministres, mercredi, Najat Vallaud-Belkacem a repris la même rengaine que ses collègues, allant même jusqu'à donner une définition très précise du mot "couac". "Moi, Je n'ai rien contre le mot 'couac' dans l'absolu, j'aimerais simplement que vous preniez le temps de réfléchir à la définition du mot 'couac', ce que, à mon sens vous ne faites pas toujours suffisamment", a sermonné la porte-parole du gouvernement, s'adressant aux journalistes.

"Un différend politique n'est pas un 'couac', une divergence d'interprétation n'est pas un 'couac', un couac, c'est une fausse note", a souligné la benjamine du gouvernement, invitant ainsi les médias à rouvrir leur dictionnaire.

Que dit Le Petit Robert ?

Europe1.fr s'est exécuté et a donc ouvert Le Petit Robert. Najat Vallaud-Belkacem a en partie raison. A l'origine, le mot "couac" est un terme de musicologie et renvoie bien à une fausse note. "Son faux et discordant", indique le dictionnaire. Mais au sens figuré, le terme "couac" renvoie à "une maladresse" ou encore "une difficulté", précise Le Petit Robert. Un sens visiblement oublié par la benjamine du gouvernement.

>> Le chroniqueur Laurent Guimier revient sur les origines du mot "couac" et explique que ce sont des politiques et non des journalistes, qui l'ont utilisé pour la première fois en politique.