La gestion de Levallois-Perret épinglée dans un rapport

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La gestion de Levallois-Perret épinglée dans un rapport
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Un rapport, jugé "accablant" par le PS local, met en cause la gestion de Patrick Balkany à Levallois-Perret.

Hausse périlleuse de la dette, explosion des dépenses festives, "anomalies" dans le contrôle des frais : la chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France a dressé un sévère bilan de la gestion de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, ville dirigée par l'UMP Patrick Balkany.

Selon ce rapport de 46 pages, daté du 6 avril 2009, l'endettement, "resté stable jusqu'en 2003, s'est significativement alourdi à partir de 2004". L'encours de la dette est passé de 156 millions d'euros en 2000 à 236 millions en 2006, soit une hausse de 51%. La CRC note également que la ville a émis des billets de trésorerie pour plus de 200 millions d’euros, non intégrés dans le calcul de la dette, ce qui pose "un problème de sincérité du niveau d'endettement (...)".

Au chapitre des dépenses, le rapport souligne le coût des "fêtes et cérémonies", passé de 239.951 euros à 484.052 euros entre 2000 et 2005, voire "même à plus d'un million d'euros, en tenant compte des 525.000 euros de dépenses réalisés par l'association Levallois Communication", subventionnée par la ville.

La CRC a également relevé des "anomalies" dans le contrôle des frais. Sur l'utilisation des véhicules municipaux notamment, "un examen rapide et non exhaustif des factures montre de nombreuses utilisations qui ne présentent pas le caractère de déplacements professionnels courants".

Le rapport se penche enfin sur la société d'économie mixte d'aménagement de la ville, la Semarelp. "La constitution d'un groupe de sociétés" autour de cette structure "a conduit la commune à détenir de fait, sur une période du plus de 20 ans, 80% de trois sociétés à responsabilité limitée (SARL) et 15 à 80% d'une quarantaine de sociétés civiles et commerciales", note la CRC. La CRC y voit "un risque de détournement de la loi". Celle-ci exige l'aval du Conseil d'Etat "avant toute prise de participation d'une commune dans une société commerciale".

Patrick Balkany, un proche de Nicolas Sarkozy, est maire de Levallois depuis 1983, avec une interruption entre 1995-2001. Dans sa réponse à la CRC, l'épouse et première adjointe du maire, Isabelle Balkany (UMP) conteste point par point le rapport et estime que la ville possède des "spécificités, injustement ignorées" par l'analyse de la CRC, comme "son dynamisme économique, sa qualité de vie et les services publics diversifiés proposés à la population (...)".