"La France n’est pas un pays corrompu"

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"La France n’est pas un pays corrompu"
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Nicolas Sarkozy a conseillé, lundi sur France 2, à Eric Woerth de renoncer à son poste de trésorier.

Affaire Woerth

C’est le premier sujet abordé par Nicolas Sarkozy qui répondait aux questions de David Pujadas. "Eric Woerth est un homme honnête et compétent. Il a toute ma confiance et celle du Premier ministre", a attaqué d'emblée le chef de l’Etat. "Il sera donc celui qui conduira la réforme des retraites. Il a subi le mensonge et la calomnie pendant trois semaines. (...) Il est lavé de tout soupçon, il n'y a aucune raison que je prenne la décision de m'en séparer", a-t-il souligné.

En revanche, le président de la République a annoncé qu’il demanderait "dès la semaine prochaine à une commission de la façon dont on pourrait modifier la loi, sur la façon dont on pourrait à l'avenir éviter toute forme de conflit d'intérêt", faisant référence à la double fonction d’Eric Woerth, à la fois ministre et trésorier de l’UMP.

>> Retrouvez l'intervention de Nicolas Sarkozy minute par minute ici.

"Maintenant que l'honneur d'Eric Woerth est lavé, mon conseil c’est qu’il abandonne cette responsabilité de trésorier de l'UMP. Je ne suis pas en charge de l’UMP, mais mon souhait, c’est qu’Eric Woerth se consacre exclusivement à la réforme des retraites", a-t-il annoncé tenant à souligner que "la France n’est pas un pays corrompu". Il a également précisé que le remaniement ne se ferait qu’en octobre comme prévu.

La réforme des retraites

Autre sujet abordé, la réforme des retraites actuellement menée par Eric Woerth. Nicolas Sarkozy a vivement critiqué le système des 35 heures déclarant que "l’affaire des 35 heures a conduit à une régression de la compétitivité de la France. Et ceux qui ont payé, ce sont les plus pauvres".

Le chef de l’Etat a assuré qu’ "on ne touchera pas aux pensions de retraites des retraités" et a indiqué que "ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans continueront à partir à 60 ans, et pour certains avant". Mais il est resté ferme sur le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans tout en se disant ouvert à la discussion sur d’autres points. Nicolas Sarkozy a estimé que les manifestations prévues au mois de septembre "n’auront pas d’influence sur la réforme".

Situation économique

"Comme chef de l'Etat, j'ai été gâté! ", a lancé Nicolas Sarkozy à David Pujadas au sujet du contexte économique. "Premier épisode, la crise financière. Deuxième épisode, la crise économique. Troisième épisode, la crise agricole. Et enfin, la crise de l'euro. Le tout en deux ans", a-t-il détaillé.

Le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté de conserver l’ISF. "Nous sommes le dernier pays d'Europe à avoir un impôt sur la fortune. Et je ne le supprimerai pas", a-t-il déclaré. Nicolas Sarkozy a précisé qu’il ne souhaitait pas augmenter les impôts. "Nous sommes, avec la Suède, le pays où les impôts sont les plus élevés", a-t-il expliqué.

Le chef de l’Etat a justifié le bouclier fiscal en affirmant qu'il existait en Allemagne depuis 20 ans. "J'admire le modèle économique allemand", a affirmé le chef de l'Etat. "Il faut mieux prendre exemple sur les premiers que sur les derniers", a-t-il ajouté.

Sécurité/insécurité

Au sujet de la violence et de l’insécurité, Nicolas Sarkozy a énoncé trois priorités : "la sécurité en Seine-Saint-Denis, ensuite, je veux un texte pour que puisse être mis en cause la responsabilité des parents quand des mineurs de 12 ou 13 ans se retrouvent en pleine rue à une heure du matin à caillasser des bus ou lancer des cocktails Molotov sur les voitures. Troisièmement, la sécurité dans les collèges et lycées", a-t-il enfin détaillé.

Présidentielle de 2012

Enfin, Nicolas Sarkzoy a refusé d'indiquer s'il se représenterait en 2012. "Je n'ai pas le droit de penser à la présidentielle parce que toute mon énergie doit être consacrée aux Français", a affirmé le président. Il a aussi souligné qu'il ne faisait pas "un métier facile". Le chef de l'Etat a annoncé qu'il prendrait sa décision, quant à la possibilité de se représenter, "pas avant l'automne 2011".