La diète des ministères retardée

  • A
  • A
La diète des ministères retardée
@ REUTERS
Partagez sur :

En juin, l’Elysée avait annoncé un "plan social" dans les cabinets ministériels. Premier bilan.

Officiellement, tout devait être réglé au 31 octobre. Finalement, l’Elysée a officieusement décidé d'assouplir la règle et d'attendre le prochain remaniement, prévu en novembre, pour appliquer son "plan social" dans les cabinets ministériels. A ce moment là, explique t-on, il y aura des nouveaux ministres et donc des cabinets entièrement remodelés. Dans une lettre adressée à Matignon le 28 juin, l’Elysée avait fixé le nombre de collaborateurs à un maximum de 20 personnes pour les ministres, et quatre pour les secrétaires d'Etat.

Une mesure réaliste ?

Le "plan social" dans les ministères fait toujours autant grincer des dents. L’ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob, se veut lucide : "Ce sera plus difficile de faire le job" déplore le député de Seine-et-Marne. "Cela va être très compliqué de travailler avec si peu de conseillers" ajoute t-il.

Un sujet tabou ?

Pourtant, sur le sujet, les ministres en place préfèrent rester discrets. Et acceptent de parler, mais en "off". Au cabinet de Chantal Jouanno par exemple, on apprend que la secrétaire d'état à l'Ecologie était furieuse, il y a quelques semaines, de devoir partir au pied levé en Afrique, toute seule et sans son conseiller diplomatique, celui-ci ayant été récemment remercié.

Au secrétariat d’état des Affaires européennes que dirige Pierre Lellouche, occupé ces dernières semaines par le bras de fer Bruxelles-Paris sur les expulsions de Roms, on admet faire des horaires à rallonge et travailler plus souvent le week-end.

Une vie après celle de conseiller ?

Ceux qui étaient fonctionnaires avant la vie de cabinet retournent souvent dans leurs administrations d'origine. D'autres ont moins de chance. Après Sciences Po, l'ENA et deux ans passé dans un cabinet ministériel, l'un d'eux, qui préfère garder l’anonymat, s'occupe désormais de la saisie informatique… de l'annuaire téléphonique à Bercy. "On m'a expliqué que c'était une position d'attente. Et on m'a demandé d'être discret" confiait-il, il y a quelques jours.