La démission de Michèle Alliot-Marie

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La démission de Michèle Alliot-Marie
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L'ex-ministre des Affaires étrangères à écrit à Nicolas Sarkozy. Alain Juppé la remplace.

La nouvelle que tout le monde attendait est finalement tombée un peu avant 18 heures. Michèle Alliot-Marie, désormais officiellement ex-ministre des Affaires étrangères, a écrit une lettre au chef de l'Etat pour lui signifier sa démission.

Elle invoque notamment une campagne d'"attaques politiques et médiatiques" véhiculant "contre-vérités et amalgames" sur son compte. "Bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement, je vous demande donc de bien vouloir accepter ma démission", écrit-elle. Le nom de son remplaçant, Alain Juppé, a été annoncé par Nicolas Sarkozy dans la soirée.

Gérard Longuet remplace Alain Juppé, parti au Quai d'Orsay, à la Défense. Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, fait son entrée à l’Intérieur, pour un premier portefeuille ministériel. Quant à Brice Hortefeux, il quitterait lui le gouvernement pour intégrer l’équipe des conseillers de Nicolas Sarkozy. Une nomination hautement stratégique en vue de la présidentielle de 2012.

Premières

Le départ de Michèle Alliot-Marie n'est évidemment pas une surprise. Depuis plusieurs jours, la rumeur enflait. Le 16 février pourtant, Nicolas Sarkozy lui avait réitéré son soutien, en lui glissant un mot d’encouragement lors du conseil des ministres. Et en le faisant savoir. Mais la controverse aura finalement été plus forte que la volonté présidentielle. A droite, de plus de plus de voix soutenaient que la position de MAM devenait intenable.

Car la désormais ex-ministre des Affaires étrangères s’était empêtrée dans la polémique sur ses vacances tunisiennes, à la fin de 2010. Michèle Alliot-Marie avait séjourné dans un hôtel et pris un avion privé appartenant à Aziz Miled, un homme d’affaires associé au président déchu Ben Ali, alors même que le mouvement qui allait aboutir à la chute du despote, la Révolution de jasmin, avait commencé.

Ministre sans discontinuer depuis 2002, Michèle Alliot-Marie quitterait donc le gouvernement par la petite porte. Depuis neuf ans pourtant, la vice-présidente de l’UMP frôlait le sans-faute. Première femme ministre de la Défense (2002-2007), puis première femme ministre de l’Intérieur (2007-2009), elle a aussi été la première, tous genres confondus, à enchaîner quatre ministères régaliens consécutivement (Défense, Intérieur, Justice, Affaires étrangères). Une carte de visite qui n’a donc pas suffi au moment d’affronter sa première véritable polémique.