La (demi) revanche de François Rebsamen

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La (demi) revanche de François Rebsamen
François Rebsamen, nouveau ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social.
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PORTRAIT - Alors qu'il rêvait de l'Intérieur, ce proche de François Hollande a finalement été nommé ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social.

Pourquoi c'est lui. L'entrée de François Rebsamen au gouvernement, c'est d'abord une revanche avec un goût d'inachevé. A l'élection de François Hollande, en mai 2012, ce proche du nouveau président rêvait du ministère de l'Intérieur. Mais Manuel Valls, qui s'est révélé en assurant la communication du candidat Hollande, l'a supplanté. Ce dernier devenu Premier ministre, François Hollande espérait à nouveau placer Rebsamen à Beauvau. Mais là encore, Manuel Valls s'est dressé sur son chemin : le nouveau locataire de Matignon souhaitait nommer le député Jean-Jacques Urvoas à l'Intérieur, affirment des sources gouvernementales. Un compromis a finalement été trouvé : ce sera Bernard Cazeneuve à l'Intérieur, et Rebsamen atterrit donc au ministère du Travail. Un lot de consolation, en somme.

>> RÉACTION - François Rebsamen "va très bien faire l'affaire", assure Didier Guillaume, sénateur PS de la Drôme :

Ce qu'il a fait avant. Né à Dijon il y a 62 ans, François Rebsamen en est le maire depuis 2001, lorsqu'il a fait basculer à gauche une ville dirigée par la droite depuis 1935. Il a d'ailleurs été réélu dimanche pour un troisième mandat. Sénateur, il était depuis 2011 le chef de file du groupe socialiste à la haute assemblée. Militant trotskyste dans sa jeunesse, "Rebs" a ensuite été repéré par Pierre Joxe, son mentor en politique. Au sein du PS, il devient un proche du couple François Hollande-Ségolène Royal. Le premier en fait son numéro deux lorsqu'il accède au poste de premier secrétaire du parti en 1997. Dix ans plus tard, Royal lui confie la codirection de sa campagne présidentielle.

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© Reuters

Il a dit. Réputé discret et affable, François Rebsamen n'hésite pourtant pas à pousser des coups de gueule, y compris contre son propre camp. Ecarté du casting gouvernemental en 2012, il part en guerre contre le non-cumul des mandats. "On devrait pouvoir être, je le redis, sénateur et maire", clamait-il encore en janvier dernier, au lendemain de l'adoption définitive de la loi. Son dernier coup de sang remonte au premier tour tour des municipales. Alors qu'il n'a pas obtenu sa réélection dès le premier tour, contrairement à 2008, Rebsamen fait les gros yeux à l'exécutif : "il est clair que les Français ont utilisé leur vote local pour adresser un sévère avertissement au gouvernement et à la politique qui est menée".

Ses casseroles. Mais si François Rebsamen n'a pas sa langue dans sa poche, certaines de ses déclarations pourraient se retourner contre lui. Depuis l'élection de François Hollande, l'homme n'est pas tendre en coulisses sur la communication du gouvernement. Et en mars 2013, il a reconnu avoir conseillé à Jean-Marc Ayrault de "virer un ministre" pour "faire un exemple". Ministre, désormais, il l'est…

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A la maison. Marié et père d'une fille, François Rebsamen reste cependant très discret sur sa vie familiale. Un sujet "totalement tabou", écrit même L'Expressen 2007. Par ailleurs, à la fin des années 1980, l'homme a intégré la franc-maçonnerie. "Il s'agit d'un engagement personnel dont j'aurais aimé ne pas faire état", déclarait-il en 2001. "Mais, dès lors qu'il est public, je n'ai aucune raison de le masquer".

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