La couleur de peau influencerait le vote

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La couleur de peau influencerait le vote
Les immigrés africains ou maghrebins auraient une forte tendance à plus voter à gauche, selon l'étude.
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Selon une étude inédite de l'INED, les personnes issues de l'immigration votent surtout à gauche.

Selon une étude publiée en janvier par l'Institut national d'études démographiques (INED) et relayée mardi par Le Monde, "être né d'une certaine origine (ethnique) aurait un impact sur le placement gauche-droite" qui dépasserait celui de "la position sociale ou le niveau d'éducation".

L'étude complète accessible ci-dessous :

Ined

Plus à gauche que la moyenne

En clair, les personnes issues de l'immigration voteraient particulièrement à gauche, selon l'étude intitulée "La fabrique du citoyen". Les résultats qu'en ont tirés les deux chercheurs en charge de l'étude, Vincent Tiberj et Patrick Simon, sont intéressants.

Chiffres à l'appui, ils estiment que les immigrés aux origines extra-européennes ou d'outre-mer voteraient beaucoup plus à gauche que la population "classique". Jamais plus de 10% d'entre eux ne déclare être "de droite". Toutefois, la tendance s'estompe lorsqu'il s'agit d'immigrés d'ascendance européenne ou asiatique.

La deuxième génération aussi

Pour étayer leur propos, les deux chercheurs se sont appuyés sur les chiffres des différentes générations. Là, ils ont pu montrer que la France fonctionnait à l'inverse du "modèle de Dahl", une théorie générale qui prévoit que la deuxième génération s'éloigne des comportements politiques de ses ascendants pour se fondre dans le moule.

Ainsi, les immigrés d'origine turque sont 27% à voter à gauche, contre 7% seulement à droite. Leur descendance se situe à 30% à gauche, 4% à droite. C'est encore plus flagrant avec les immigrés d'Algérie ou d'Afrique sahélienne. La première génération se dit à 32% et 39% de gauche, tandis que la deuxième l'affirme à 46% et 48,5%.

"Préjugés moins stigmatisants"

Pour justifier que ces chiffres ne soient pas aussi parlants pour les Asiatiques, Espagnols ou Italiens, Vincent Tiberj et Patrick Simon estiment qu'une "fois les barrières de la langue sont gommées", ces personnes "sont appelées à se fondre dans la population". Ils considèrent que les préjugés dont ils sont victimes sont "moins stigmatisants" que ceux vécus par les immigrés originaires d'Afrique ou du Maghreb.

D'autres études avaient bien démontré, à une échelle plus réduite, l'existence d'une telle tendance, mais c'est la première d'une telle ampleur.