La Coopol bouge encore

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La Coopol bouge encore
La Coopol revendique près de 40.000 "Coopains".@ CAPTURE D'ECRAN LA COOPOL
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Le réseau social du PS est encore bien vivant. Mais son utilité réelle fait débat.

Plus d’un an et demi après son lancement en janvier 2010, la Coopol, le réseau social estampillé Parti socialiste, aura eu au moins un mérite : celui de survivre à son concurrent de l’UMP, Les Créateurs de possibles, enterré dans la plus stricte intimité en janvier 2011, un an après un lancement pourtant ambitieux. Mais survivre à l’ennemi n’était évidemment pas la raison d’être du réseau. La Coopol (contraction de "coopérative politique") se voulait autant un outil de promotion et d’organisation du militantisme socialiste qu’un laboratoire d’idées. Objectifs atteints ? A l'occasion de l'université d'été du PS, où Internet aura une place prépondérante, Europe1.fr fait le bilan.

Toucher un large public. Les créateurs de la Coopol se gardaient bien d’afficher un quelconque objectif chiffré lors du lancement. Trop risqué. Ils semblent aujourd’hui se satisfaire de l’affluence. "Nous avons 40.000 inscrits, dont 40% de non-adhérents au PS", revendique Valerio Motta, responsable Web du PS, joint par Europe1.fr. Pour comparaison, les Créateurs de possibles ont plafonné à 15.000 membres. En termes de fréquentation, le bilan semble donc bon. Même si la grande majorité des membres se sont enregistrés dans les premières semaines. "Il y a eu tout de suite beaucoup d’inscrits et ensuite un rythme plus calme", admet Valerio Motta. "Et il y a des pics au moment des phases d’activité du parti, comme les périodes électorales. Là, avec les primaires, il y a un regain. Avant l’été, près de 80% des membres de la Coopol étaient des membres actifs", assure-t-il.

Faire le lien entre les militants. C’est le côté "social" de la Coopol, sa ressemblance avec Facebook. Le site permet ainsi d’organiser des réunions, à l’image des événements du leader mondial des réseaux sociaux. Mais l’original est souvent préféré à la copie. "Les connaissances que j’ai sur la Coopol - les Coopains - sont aussi des amis Facebook. Si j’ai des échanges de nature politique à avoir, je les ai soit via la messagerie de Facebook, soit directement dans les statuts", assène Boris, militant socialise féru de nouvelles technologies. "L’utilisation de Facebook est plus aisée, plus immédiate, moins fastidieuse. En outre, un réseau social doit rester fun. La Coopol pêche par excès de sérieux."

Organiser la mobilisation. "La Coopol met à disposition des militants des outils pour mieux s’organiser sur le terrain", expliquait au moment du lancement Benoît Thieulin, fondateur de La Netscouade, l’agence chargée de la création du site. "Je m’en sers surtout pour être au courant des réunions et autres manifestations dans mon quartier", raconte Yves, un militant parisien. "Et au moment du mouvement contre la réforme des retraites (à l’automne 2010, ndlr), on a senti sur la Coopol une vraie volonté de mobiliser, au-delà même du parti."

Actuellement sur la Coopol, une cinquantaine d’événements, d’une distribution de tracts à Grenoble à une "déambulation afin d’inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales" à Cergy, invite les militants à participer. Mais rares sont ceux à dépasser le cap de la dizaine de participants.

Le laboratoire d’idées. Valerio Motta l’assure : la Coopol a été partie prenante de l’élaboration du projet socialiste pour 2012. "La consultation a été permanente pendant toute la phase d’élaboration", jure-t-il. "Au même titre que nous avons eu des débats physiques au cours de conventions, nous avons eu des débats virtuels au cours desquels les membres de la Coopol était consultés. Sur des thèmes précis, nous leur demandions quelles étaient leurs priorités. Les résultats ont ensuite été remontés vers les secrétaires de section, qui ont à leur tour fait remonter l’information à la Convention nationale." Pour autant, difficile de mesurer l’influence réelle du réseau dans le projet socialiste. "On ne peut pas dégager une proposition qui serait directement issue de la Coopol", admet Valerio Motta.

Les groupes sont aussi censés représenter une force de proposition. Sur ce plan-là, le bilan est plus mitigé. Sur les 2.500 groupes revendiqués, seuls une douzaine dépasse le millier de membres. Le plus "peuplé", qui promeut le droit de vote pour les étrangers aux élections locales, compte 2.315 membres.

Au final, la Coopol est plus un espace de mobilisation et d’organisation qu’un réseau social à proprement parler. Et son efficacité en tant que laboratoire d’idées reste à démontrer. Mais il existe un autre intérêt pour ses organisateurs. "Ces utilisateurs qui ont créé des comptes, qui ont qualifié des centres d’intérêt, ont fait tout ce travail, c’est un capital, une base de militants qualifiés", précise Valerio Motta. "Et quand on va faire évoluer les outils dans la perspective de la présidentielle, ce socle-là sera une vraie puissance de feu."