La colère sociale menace Hollande

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La colère sociale menace Hollande
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EDITO - Des milliers de salariés défileront mardi. Le gouvernement craint des débordements.

Mardi, le rendez-vous est pris. Si sa décision d’entrer de plein pied dans le conflit malien lui a valu un rebond dans l’opinion publique, ça ne suffira pas à François Hollande pour calmer la grogne sociale qui sévit aux quatre coins du pays. Mardi, les salariés de Sanofi, Goodyear, ArcelorMittal, Petroplus et d’autres encore se donnent ainsi rendez-vous pour une manifestation commune.

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Le gouvernement craint des débordements car ce sont les "durs de durs" qui seront mobilisés devant le siège social de Goodyear. Jean-Pierre Mercier de PSA Aulnay, Yvon Scornet de Petroplus, Mickael Wamen de Goodyear, leurs voix haranguant les salariés en lutte passent en boucle sur les ondes depuis des mois. On les entendra encore mardi.

Une gauche qui s’inquiète. Sur le sujet industriel, François Hollande n’emballe pas grand monde sur son aile gauche. Certains élus socialistes apprécient peu la politique mise en place, mais la critique est encore plus violente quand elle émane de Jean-Luc Mélenchon, d’Olivier Besancenot ou du Parti communiste, bref de cette gauche déçue par un chef de l’Etat que le nouveau patron de la CGT, Thierry Le Paon, n’a pas hésité à comparer, dans le JDD, à Nicolas Sarkozy, un président à la solde des patrons et sourd aux cris des salariés. Alors, pour la première fois depuis l’élection, le pouvoir en place redoute que le mouvement social bascule dans la violence.

L’Elysée ne bougera pas… Bien qu’inquiet, l’exécutif ne changera pas sa politique industrielle pour autant. Son argument ? Ce ne sont pas les plans sociaux, si douloureux et parfois si injustes soient-ils, qui alimentent la montée du chômage. Les statistiques de Pôle emploi accréditent la thèse du gouvernement : les plans sociaux ne représentent en effet que 4% des chômeurs supplémentaires chaque mois. Les causes majeures du chômage sont à chercher ailleurs : fin des CDD, essoufflement de l’intérim et difficultés des jeunes à entrer dans le monde du travail.

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© REUTERS

… mais accompagnera. François Hollande a promis qu’il serait aux côtés des salariés de Petroplus ou Goodyear. Il n’est donc pas question pour lui de donner l’impression de les abandonner en rase campagne. Question de crédibilité. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, va donc être chargé de les accompagner, certains vers la fin, d’autres vers des repreneurs qui exigeront des travailleurs plus de temps de travail pour moins d’argent. L’objectif (le rêve ?) du gouvernement : que l’un de ces sites soit sauvé et qu’un salarié puisse crier "victoire". Voire, pourquoi pas, "merci au gouvernement !".