Cinq coups d'éclat de Charles Pasqua

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L'ancien sénateur et ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua est mort lundi à l'âge de 88 ans et après 50 ans de carrière politique.

ARCHIVES EUROPE 1

C'est un monstre de la politique française qui s'est éteint lundi. Charles Pasqua est mort à l'âge de 88 ans. Pilier de la famille gaulliste et parrain politique de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, il est décédé des suites d'un accident cardiaque.

Ancien ministre de l'Intérieur, ex-sénateur des Hauts-de-Seine, il avait mis un terme en 2011 à sa carrière politique, marquée par une part d'ombre liée à ses activités au sein de services d'ordre parallèles, ses réseaux africains et ses démêlés judiciaires. Charles Pasqua était apparu la dernière fois en public le 30 mai pour le congrès fondateur des Républicains. Redécouvrez cinq de ses coups d'éclat piochés dans les archives d'Europe 1. 

  • "MONOPOLE DU COEUR"

Si cette expression a été rendue célèbre par Valéry Giscard d'Estaing en 1974, Charles Pasqua l'a reprise à son compte en 1986, alors qu'il est ministre de l'Intérieur du gouvernement de Jacques Chirac. Il s'adresse à l'ancien Premier ministre Pierre Mauroy, au sujet de la mort de Malik Oussekine, tué le 6 décembre 1986 lors d'une manifestation qui a dérapé aux alentours de la Sorbonne à Paris. "Vous n'avez pas le monopole du coeur, ni celui de la générosité, ni celui de l'intelligence", lance Charles Pasqua le 10 décembre 1986 sous les huées de l'Assemblée. 

  • "L'EURO ET LA LIGNE MAGINOT"

Charles Pasqua s'était fait un fervent adversaire du Traité de Maastricht, qui a instauré le principe de l'union monétaire en 1992. En septembre 1998, alors que l'euro pointe le bout de son nez, l'ancien ministre tance violemment la monnaie unique : "Une monnaie n'a jamais protégé personne", dit-il au micro d'Europe 1. "La croyance aveugle dans l'euro me rappelle exactement la vénération qui entourait la ligne Maginot".

  • "QU'EST-CE QUE ÇA PEUT LUI FOUTRE ?"

Ils avaient créé ensemble le Rassemblement pour la France (RPF) en 1999, pour mener de front la campagne contre le quinquennat. Mais rapidement, l'union de Charles Pasqua et Philippe de Villiers tourne au divorce sur fonds de difficultés financières. Un an après la création du mouvement, Philippe de Villiers quitte le RPF. Alors eurodéputé, Charles Pasqua lâche à son propos le 23 juin 2000 : "Qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Depuis quand dois-je rendre des comptes à M. de Villiers ? C'est mon tuteur ? Je n'ai pas de tuteur !"

  • "NON AU QUINQUENNAT"

"On leur en fera baver", promettait Charles Pasqua à propos des partisans du "oui" au référendum en 2000 pour l'instauration d'un quinquennat à la place du septennat. "Je prendrai la tête de la campagne" contre cette réforme "contraire à l'esprit des institutions", lâchait-il en juin 2000 sur Europe 1. Une bataille perdue, puisque le "oui" est passé à plus de 73% des voix.

  • "TRAÎNÉ DANS LA BOUE"

La fin de la carrière de Charles Pasqua sera marquée par de nombreux procès et deux condamnations. Dans l'affaire de la Sofremi - des détournements de fonds opérés par une société de matériel de sécurité -, il écope d'une année de prison avec sursis. En 2013, c'est dans l'affaire de la Fondation Hamon qu'il est condamné à deux ans avec sursis pour prise illégale d'intérêts. Dans l'Angolagate, une histoire de vente d'armes à l'Angola, Charles Pasqua a d'abord été condamné avant d'être relaxé en deuxième instance. Entre les deux procès, il parle de sa condamnation avec une amertume non dissimulée.