La bataille du 1er mai est déclarée

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La bataille du 1er mai est déclarée
François Hollande a déclaré à Quimper qu'il n'entendait pas faire du 1er mai "une fête des uns contre les autres", dénonçant en creux l'annonce lundi de Nicolas Sarkozy de faire du 1er mai un "très grand rassemblement" autour du "vrai travail".@ REUTERS
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Nicolas Sarkozy a prévu un rassemblement autour du "vrai travail". La gauche critique. Le FN sourit.

Ce jour-là, les syndicats organisent traditionnellement des manifestations dans toute la France et le Front national défile dans Paris pour célébrer Jeanne d'Arc. L'invitation lancée par Nicolas Sarkozy lundi sonne donc comme une œillade aux électeurs frontistes et un coup de griffe aux syndicats. Déterminé à rattraper son retard sur le candidat socialiste, le président sortant a annoncé son intention d'organiser le 1er mai un "grand rassemblement", à Paris autour du "vrai travail".

Célébrer le "vrai travail"

A moins de deux semaines du second tour, le candidat de l'UMP le sait : pour l'emporter le 6 mai, il devra ramener dans son giron une bonne partie des électeurs frontistes, qui lui ont tant fait défaut dimanche (il en a perdu près de 2 millions par rapport à 2007, nldr).

Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs martelé lundi matin : il est important d'"apporter une réponse" aux électeurs du FN. Pour se faire, quoi de mieux que d'organiser un rassemblement à Paris pour le 1er mai, rendez-vous traditionnel du Front national.

Ecoutez la déclaration de Nicolas Sarkozy :

Le président-candidat l'a annoncé le plus simplement du monde à la sortie de son QG de campagne, lundi matin. "Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que, quand on ne travaille pas, on puisse gagner plus que quand on travaille ", a-t-il déclaré.

Le FN propose à Sarkozy la "panoplie" Le Pen

Au Front national, l'idée de Nicolas Sarkozy fait toutefois plutôt sourire. Louis Aliot, numéro 2 du FN a ainsi raillé l'appel du pied de Nicolas Sarkozy aux électeurs du Front national sur i-Télé. " Il a commencé à utiliser notre thématique depuis déjà longtemps. Aujourd'hui il nous reprend l'idée du rassemblement pour la fête du travail pour le 1er mai. Je pense qu'on va peut-être lui livrer une perruque blonde parce que manifestement il aura la panoplie complète pour aborder ce deuxième tour", a-t-il ironisé.

Regardez l'intervention de Louis Aliot :

Le 1er mai, le FN ne sera pas sur le Champ-de-Mars mais défilera dans Paris pour célébrer Jeanne d'Arc. L'occasion pour Marine Le Pen de donner sa position personnelle pour le second tour.

Mise en garde de Hollande

Organiser un rassemblement sur le "vrai travail" par opposition à "l'assistanat" est également une façon pour Nicolas Sarkozy de défier les corps intermédiaires. Pendant la campagne, le candidat de l'UMP ne s'est pas privé, il est vrai, de critiquer les syndicats, en particulier la CGT et ses liens avec le Parti communiste.

La gauche voit donc d'un mauvais œil ce rassemblement prévu sur le Champ-de-Mars le 1er mai, jour de fête des travailleurs. François Hollande a déclaré lundi à Quimper qu'il n'entendait pas faire du 1er mai "une fête des uns contre les autres", dénonçant en creux l'annonce lundi de Nicolas Sarkozy. "C'est une honte d'utiliser le 1er mai", a pour sa part accusé Martine Aubry sur Europe1. "Moi je serais le président de la République qui a augmenté le chômage d'un million, je ferais profil bas", a critiqué la Première secrétaire du Parti socialiste.

De son côté, Pierre Moscovici, directeur de la campagne du candidat socialiste, a indiqué que le PS n'avait pas encore arrêté la forme de sa participation au 1er mai, mais a assuré: "nous serons aux côtés des forces du travail", lors d'un point de presse à Solférino. Il a fustigé l'expression "vrai travail" employée par Nicolas Sarkozy, la jugeant "des plus ambiguës".  Un peu plus tôt, Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé "un clin d'oeil supplémentaire au FN" mais surtout une "déclaration de guerre aux travailleurs". Ces dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs plusieurs fois appelé à se ranger derrière les syndicats pour un "1er mai stupéfiant d'unité et de puissance".

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