L'UMP tente de tourner la page

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L'UMP tente de tourner la page
Jean-François Copé et François Fillon se rencontrent mardi matin à l'Assemblée.@ MaxPPP
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Fillon et Copé se rencontrent mardi matin pour mettre en œuvre l’accord de sortie de crise.

La rencontre. Un peu moins de trois semaines après avoir signé un accord de sortie de crise à l’UMP, Jean-François Copé et François Fillon se rencontrent mardi matin à l’Assemblée nationale. Car si la paix a été déclarée, il reste à définir les conditions de sa mise en œuvre. Et mine de rien, plusieurs points de désaccord persistent, principalement sur le place des fillonistes au sein de l’équipe dirigeante du parti.

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Pécresse et Wauquiez adjoints ou à égalité. C’est l’un des points déjà acté, mais visiblement, l’interprétation diffère en fonction des camps. Laurent Wauquiez sera "vice-président" et Valérie Pécresse "secrétaire générale déléguée", aux côtés des copéistes Luc Chatel et Michèle Tabarot, respectivement "vice-président délégué" et "secrétaire générale". Or, "ils ne seront pas tous les quatre à égalité", affirme dans Le Monde le député copéiste, Sébastien Huyghe, qui voit en Wauquiez et Pécresse de simples "adjoints". "Dire qu'il y aura des adjoints ne respecte pas l'esprit de l'accord", estime de son côté un soutien de François Fillon, agacé.

L’introuvable direction collégiale. Mais ce qui devrait prendre beaucoup de temps aux deux hommes, c’est la constitution de la nouvelle équipe dirigeante censée, selon les termes de l’accord, "tenir compte de toutes les sensibilités et motions". Autant dire que la composition des commissions d’investiture, des statuts et du Bureau politique aura tout du casse-tête. Sans compter qu’outre les fillonistes et les copéistes, il faudra y intégrer les non-alignés, tels Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, mais aussi les porteurs des motions, dont Guillaume Peltier, chantre de la controversée Droite forte.

Le R-UMP comme moyen de pression. Selon l’accord passé le 17 décembre, le groupe dissident à l’Assemblée, le R-UMP, présidé par François Fillon, doit se dissoudre dès lors que la direction collégiale est formée. Autant dire que si cette direction collégiale ne convient pas aux fillonistes, le R-UMP perdurera. "C'est notre seul moyen de pression", admettent les fillonistes dans Le Monde.

Une rechute est-elle possible ? En privé, les entourages des deux hommes peinent à montrer un optimisme débordant. Mais Jean-François Copé et François Fillon n’ont plus vraiment le choix. Si la guerre des chefs à l’UMP devait être relancée, les deux hommes savent que les premières victimes de ce nouveau conflit seraient leurs ambitions présidentielles pour 2017.