L’UMP s'informe-t-elle sur le site d'Alain Soral ?

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L’UMP s'informe-t-elle sur le site d'Alain Soral ?
Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais.@ MaxPPP
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Le PS Alain Vidalies a accusé un député UMP de tirer ses informations du site de l’essayiste d'extrême droite.

L’INFO. L’accusation est lancée par Alain Vidalies. Mercredi, lors de la séance des questions au gouvernement, le député UMP Daniel Fasquelle s’est interrogé sur "la nomination de la fille du ministre de l'Education à un prestigieux poste d'attachée culturelle à l'ambassade de France en Israël", une nomination "sur laquelle on peut légitimement s'interroger". Pour le ministre socialiste des relations avec le Parlement, l’élu de l’opposition a tiré cette information du site du sulfureux Alain Soral, proche de Dieudonné. On démêle l'affaire.

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Le tacle. Alain Vidalies a mené sa petite enquête. Et devant la représentation nationale, il a accusé Daniel Fasquelle de piocher ses questions chez l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. "J'ai cherché où se trouvait l'origine de cette information et je tiens à le dire à la représentation nationale : cette information, elle se trouve sur le site de Monsieur Soral, l'un des factieux qui étaient dans la rue la semaine dernière, c'est là que vous puisez vos informations, assumez la responsabilité devant la représentation nationale", a-t-il lancé au député.

Où est l'info ? Vérification faite, la nomination de Salomé Peillon est bien évoquée sur le site d’Alain Soral, comme le prouve la capture d’écran ci-dessous :

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Mais pour Daniel Fasquelle, elle est aussi "partout" sur Internet :





"Partout"... mais pas sur des "sites de presse", nuance en réponse Alain Vidalies. Avec une capture d'écran d'une recherche Google à l'appui.



>> Europe1.fr a voulu vérifier la défense soulevée par le député Fasquelle et a mené la même recherche sur Google. Résultat : la requête "Salomé Peillon" confirme que l'information se trouvait sur d'autres sites avant d'apparaître sur celui d'Alain Soral. Mais effectivement pas sur des sites de presse, comme le signale Alain Vidalies. Ainsi dès le 13 décembre 2013, le site Contrepoints.org - qualifié par Libération de site de la "droitosphère", un terme réfuté par ses créateurs -  publie un article intitulé "Laisse pas traîner ton fils". Plusieurs membres du gouvernement, comme Marisol Touraine, Christiane Taubira, Laurent Fabius, sont pointés du doigt. Concernant Vincent Peillon, le site écrit qu'il "échoue à enseigner la laïcité à ses enfants Maya, Salomé, Élie et Isaac ; il leur fournit en revanche au besoin l’appui nécessaire pour leur dégoter des postes confortables dans des ambassades". Un lien hypertexte renvoie d'ailleurs vers la fiche de poste de Salomé Peillon sur le site de l'ambassade de France en Israël, datée du 21 mars 2013. L'information est ensuite reprise par plusieurs sites sur lesquels on peut lire des propos clairement antisémites. Parmi eux, celui de Joe Le Corbeau - mis en examen cette semaine pour avoir diffusé la photo d'un homme faisant une quenelle devant le lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse - qui annonce carrément que c'est "le franc-maçon" Vincent Peillon qui "vient de nommer" sa fille comme chargée de mission.

La justification du gouvernement. Après avoir attaqué l’élu UMP sur la provenance de cette information, Alain Vidalies s’est employé à justifier sur le fond la nomination de la fille de Vincent Peillon. "S'agissant de la situation de Madame Salomé Peillon, vous auriez pu préciser qu'elle est actuellement en poste à l'ambassade" de France en Israël "dans le cadre d'un volontariat international", a répondu Alain Vidalies. Elle a "des masters et les diplômes nécessaires", a-t-il ajouté. "Et surtout la politique de recrutement est entièrement transparente, vous pouvez la consulter comme tous les Français sur le site internet du ministère des Affaires étrangères", a-t-il conclu.