L’UMP met en échec le gouvernement

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L’UMP met en échec le gouvernement
@ MAXPPP
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Les députés, emmenés par Copé, ont voté contre un amendement défendu par … Eric Woerth.

Comme si la majorité n’avait pas déjà suffisamment à faire avec le dossier empoisonné Bettencourt-Woerth, les députés UMP jouent les frondeurs à l’Assemblée. Fait rarissime, le Palais-Bourbon a exceptionnellement mis en minorité le gouvernement, en particulier Eric Woerth, en votant mercredi contre un amendement qui voulait rétablir un article-clé du projet de loi en faveur du dialogue social dans les très petites entreprises (TPE).

Copé assume

A l’origine de l’initiative, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui assume pleinement cette non-solidarité … en pleine tempête Woerth. "C'est la première fois depuis trois ans que je vais voter contre une disposition gouvernementale. C'est une responsabilité que je prends et que j'assume", avait-il prévenu, quelques heures avant le vote.

Les rôles inversés

Tout aussi peu banal, l'amendement d’Eric Woerth a été soutenu par... les députés de l'opposition PS et PCF, qui ne voulaient pas "rejoindre le front du refus". "On verra bien qui soutient le gouvernement, cela sera assez marrant", a ironisé le député PCF Roland Muzeau. Le député Nouveau centre (NC, partenaire de l'UMP) Francis Vercamer avait également annoncé qu'il soutiendrait l'amendement du gouvernement. Au final, l'amendement a été nettement rejeté (70 voix contre, 25 pour).

Mettre Woerth en minorité ?

La gauche ne s’est évidement pas privé d’interpréter la fronde. "Chacun pourra observer que c'est le ministre du Travail, Eric Woerth, qui a été mis en minorité", a déclaré un député PS, Alain Vidalies, pour qui ce vote "dans le contexte d'aujourd'hui ne peut être interprété que comme une désolidarisation du gouvernement".

Sur le fond, cet amendement visait à rétablir la possibilité de créer des "commissions paritaires territoriales" "pour permettre le renforcement du dialogue social" dans les très petites entreprises (TPE, moins de onze salariés). Une disposition que les députés UMP avaient supprimé lors de l'examen du texte en commission fin juin.