"L’opposition a le droit à la parole"

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"L’opposition a le droit à la parole"
@ EUROPE 1
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Elisabeth Guigou s’est insurgée contre les récentes nominations au Conseil constitutionnel.

"Le Conseil constitutionnel est désormais dangereusement monocolore", a assuré jeudi sur Europe 1 l’ancienne Garde des Sceaux et actuelle députée socialiste de la Seine-Saint-Denis, après les récentes nominations de Michel Charasse, Hubert Haenel et Jacques Barrot au sein de cet organisme. "Une institution comme celle-là doit être complètement impartiale. Qu’il y ait un soupçon de partialité, c’est très dangereux", a expliqué Elisabeth Guigou.

"Il faut la parité"

A propos des trois récentes nominations, Elisabeth Guigou a estimé qu’elles posent "un problème de principe fondamental", selon elle. "Pourquoi est-ce trois personnes de la même majorité politique qui les nomme ? Ce n’est pas possible. Dans tous les autres pays européens, l’opposition a le droit à la parole. Ce n’est pas le cas chez nous", s’insurge-t-elle.

Par ailleurs, "que l’on ne dise pas que dans ces grands organismes il faut la parité, je trouve ça parfaitement scandaleux". Au Conseil constitutionnel, un membre sur onze seulement est une femme. "Je vais déposer une proposition de loi, dans laquelle on va dire dans tous les grands organes cités par la Constitution nous voulons la parité", a expliqué Elisabeth Guigou au micro d’Europe 1.

Pas de candidature au Conseil constitutionnel

Concernant, l’évocation dans la presse de sa possible nomination au Conseil constitutionnel, Elisabeth Guigou a indiqué avoir été "surprise" de l’apprendre. "Je n’ai pas fait acte de candidature. Et je n’ai été approchée par aucun des trois responsables des nominations des membres du Conseil constitutionnel", a-t-elle assuré. Pour autant, elle a révélé que "depuis la fin de l’année dernière certains membres m’avaient fait savoir que s’il y avait quelqu’un de gauche qui serait nommé, ce serait moi".

"Que mon nom soit cité, parmi d’autres, c’est quelque chose de très prestigieux. Mais en même temps, je suis très attachée à ma circonscription de Seine-Saint-Denis. (…) J’ai envie de mener le combat de 2012. Si je n’ai pas fait acte de candidature, c’est pour cela", a précisé l’ancienne Garde des Sceaux.

Elisabeth Guigou est également revenue sur l’affaire Ali Soumaré. Selon elle, Valérie Pécresse doit lui "présenter des excuses". "Il faut qu’il y ait des sanctions administratives et judiciaires. On ne peut pas laisser des campagnes électorales dérivées dans des activités nauséabondes", a-t-elle ajouté.