L’"instinct meurtrier" du sénateur Doligé choque le PS

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L’"instinct meurtrier" du sénateur Doligé choque le PS
@ MAXPPP
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Lors des Journées parlementaires de l’UMP, l’élu s’en est pris à "Hollande et sa bande".

C’est un curieux appel à l’unité qu’a lancé le sénateur Eric Doligé mardi soir les des Journées parlementaires de l’UMP. Pour resserrer les rangs, l’élu du Loiret s’en est pris, face à ses collègues, au gouvernement, utilisant une rhétorique guerrière qui a déclenché un tollé à gauche.  "Moi je dois vous dire que j'ai un instinct meurtrier en ce moment. Je suis comme la plupart des citoyens, moi je ne supporte plus Hollande et sa bande", a notamment lancé, selon un enregistrement de LCP relayé par Le Lab, celui qui est également président du Conseil général du Loiret depuis près de 20 ans.



"Je peux donner les Kalachnikov". Un peu plus tard, Eric Doligé en a rajouté une couche. "Il faudrait qu'on évite de se tirer dessus entre nous et qu'on fasse tout pour tirer plutôt... enfin moi j'ai une liste de gens que je peux vous donner, sur qui il faut tirer, hein. Il y en a une quarantaine, c'est tous ceux du gouvernement", a-t-il lancé, déclenchant les rires de ses collègues. Et surtout cette réponse assez surprenante de Jean-Claude Gaudin : "je peux donner les Kalachnikov !", a lâché le sénateur-maire de Marseille, dont la ville fait régulièrement la Une de l’actualité en raison des crimes sanglants, perpétrés parfois à l’arme lourde, qui s’y déroulent.

"Je n’y ai pas cru". Ces propos, tenus en présence de journalistes, ont choqué à gauche. "Je n’y ai pas cru", a ainsi assuré Bruno Le Roux, patron des députés PS, mercredi matin sur Europe 1. "Ce sont des propos insensés. Irrespectueux d’abord, mais surtout irresponsable. Il y a, quand on fait de la politique, un devoir d’exemplarité. Là, ce sont des propos haineux qu’on ne peut pas accepter de la part de quelqu’un qui représente le peuple français", s’est d’abord emporté l’élu de Seine-Saint-Denis

"Je demande à Jean-François Copé de dire qu’on ne peut pas continuer comme ça. Qu’il condamne les propose et qu’il dise que le débat politique ne peut pas être un débat haineux comme cela", a poursuivi Bruno Le Roux. "On ne peut pas entretenir des propos comme ceux-ci, auxquels a participé d’ailleurs Jean-Claude Gaudin. Je ne sais pas si c’était une plaisanterie marseillaise ou pas, mais ça s’ajoutait de fort mauvaise façon. On ne rigole pas avec ces choses-là." Marie-Arlette Carlotti, ministre en charge des Personnes handicapées mais aussi en lice pour les primaires socialistes à Marseille, a joué la carte de l'humour sur Twitter pour répondre à l'actuel maire de Marseille :





La Gauche forte réclame des exclusions de l’UMP. Dans un communiqué, le courant socialiste de la Gauche forte "condamne avec la plus grande fermeté de tels propos qui confirment la tendance de l'UMP à adopter les discours les plus anti-républicains. Non seulement ces propos sont un appel à la violence, mais ils révèlent l'irresponsabilité d'élus, représentant le peuple, et qui devraient normalement accepter le jeu démocratique", écrivent les tenants du courant représenté notamment par le député Yann Galut. "Les Français ont élu François Hollande président de la République, les parlementaires UMP se doivent de respecter ce choix. La Gauche forte attend de la part de l'UMP une réponse ferme et proportionnée à la gravité de la situation qui doit être l'exclusion d'Eric Doligé et de Jean-Claude Gaudin du parti", conclut le communiqué.

Pas un motif d'exclusion. A l'UMP, on minimise les propos du sénateur du Loiret. "Ce n’est pas un motif d’exclusion. On ne va pas réintroduire le martinet", répond-on rue de Vaugirard. Quant à la phrase de Jean-Claude Gaudin, "c’était juste une blague", tempère-t-on.