L'impunité des "bonnets rouges" fait polémique

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L'impunité des "bonnets rouges" fait polémique
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DÉCRYPTAGE - Les frondeurs bretons restent épargnés par la justice. Des élus s’en plaignent. Valls temporise.

Contexte. L’ultimatum est lancé : si l'écotaxe n'est pas supprimée avant midi, alors de nouvelles actions coup de poing auront lieu. La gronde sociale en Bretagne s’invite donc au conseil des ministres qui se déroulera mercredi matin. Le gouvernement a déjà fait un geste en suspendant la taxe, mais ce n’est pas le seul. Une question se pose en effet : comment se fait-il qu'aucune arrestation n'ait encore eu lieu, alors que cinq portiques et une dizaine de bornes écotaxe ont déjà été détruits ?


"Cela ne peut pas rester impuni". François de Rugy, le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, s'insurge devant ce constat et demande au ministre de l'Intérieur Manuel Valls de "faire respecter l'autorité de l'Etat". "Je trouve que monsieur Valls est peu présent sur ce dossier. Pour l’instant, il n’y a pas eu la moindre interpellation, pas la moindre audition, pas la moindre procédure judiciaire, rendus public en tout cas ! Que l’on soit agriculteur, que l’on soit transporteur, que l’on ait un bonnet rouge sur la tête ou pas, on ne peut pas tout se permettre dans notre pays. Et on ne peut pas accepter que, au prétexte que l’on est en colère, on puisse saccager. Je pense qu’il y a une question de sécurité publique", a-t-il lancé au micro d’Europe 1, mercredi matin, avant de conclure : "cela ne peut pas rester impuni et je demande aussi que des procédures judiciaires soient entamées pour que les auteurs, qui sont identifiables puisqu’ils agissent à visage découvert, puissent être condamnés."

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Le bilan judiciaire est maigre. Au ministère de l’Intérieur, on est un peu embarrassé par la question. Il y a en effet eu cinq portiques détruits en Bretagne, le premier le 2 août dernier à Guiclan, le dernier à Saint-Alouestre samedi, et ça s'est fait sous l'objectif des caméras de télévision, devant les photographes. Il n’est donc pas difficile d’identifier les meneurs de la fronde. Pas plus qu’il n’était compliqué de savoir qui a défoncé lundi  la grille de la préfecture à Morlaix avec un tractopelle. Pourtant, le bilan judiciaire des violences en Bretagne est maigre : une comparution immédiate et trois convocations pour agressions des forces de l'ordre.

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Le gouvernement veut temporiser. Un "laxisme" qui apparaît paradoxal eu égard au message délivré par l’Elysée, où on explique que la priorité est de restaurer l’autorité de l’Etat et de ne pas donner l'impression d'accompagner un mouvement violent qui risque de se propager. Les conseillers de Manuel Valls, bien embarrassés, expliquent confusément que procéder à des arrestations d'agriculteurs vandales serait prendre le risque de décupler la colère bretonne. "Il faut donner du temps au temps", plaide un conseiller du ministre de l'Intérieur. Dit autrement : patientons, le temps que ça se calme, et on interviendra après. Une stratégie qui ne passe pas auprès des élus, pour qui cette mansuétude à l’égard des agriculteurs renvoie l’image d’une injustice : des faits similaires en banlieue, par exemple, donneraient lieu immédiatement à un déploiement de CRS et à des interpellations. 

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