L’Etat va "geler" ses dépenses

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L’Etat va "geler" ses dépenses
@ REUTERS
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Tous les Français vont être "touchés". Mais ce n’est pas la rigueur assure le gouvernement.

L’Etat va se serrer la ceinture. Ses dépenses seront "gelées" pendant les trois années à venir, a annoncé jeudi le Premier ministre François Fillon, à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public. L'objectif réaffirmé est de ramener le déficit public à un taux inférieur à 3% du PIB en 2013, conformément au plan de redressement transmis à Bruxelles.

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a affirmé de son côté que tous les Français seront "touchés" par cette politique drastique, tout en excluant "une politique de rigueur" avec une "augmentation massive des impôts" qui "asphyxierait l'économie".

Réexaminer les dépenses

Les dépenses de fonctionnement courant de l'Etat diminueront de 10% en 3 ans, avec une baisse de 5% dès 2011. La politique de non remplacement d'un départ à la retraite sur deux sera poursuivie dans la fonction publique.

Les dépenses d'intervention, qui regroupent essentiellement des aides économiques (à la construction de logements...), des aides à l'emploi (contrats aidés,...) et des aides sociales (aide au logement, allocation adulte handicapé...), seront soumises à "un réexamen", avertit aussi le Premier ministre.

Réduire les niches fiscales

François Fillon a rappelé par ailleurs la nécessité de réduire les niches fiscales et sociales, avec l'objectif d'adopter d'ici la fin de l'année un programme de cinq milliards d'euros d'économies sur deux ans.

Le chef du gouvernement adressera dans les prochains jours une lettre de cadrage à chaque ministre pour détailler ces pistes.

L’ombre de la Grèce

En pleine tempête économique et financière en Grèce qui menace de gagner les autres pays fragiles de l'Europe, Portugal et Espagne en tête, François Fillon "a rappelé l'importance du prochain budget triennal pour assurer la crédibilité de notre stratégie de redressement des comptes publics", observée à la loupe par les agences de notation.

Sur TF1 mercredi soir, le chef du gouvernement avait prévenu qu'il devrait prendre des "décisions difficiles", notamment en matière de dépenses sociales, pour réduire le déficit public, qui s'est fortement aggravé en raison de la crise économique et le faire revenir dans les clous européens.