L’Elysée au régime sec

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L’Elysée au régime sec
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ENQUETE E1 - Au palais présidentiel comme ailleurs, l’heure est aux économies drastiques. Avec des gains réels.

A l’Elysée, on boit désormais les bouteilles de vin jusqu’à la dernière goutte. Auparavant, les bouteilles qui n’avaient pas été terminées à l’issue d’un dîner officiel partaient dans l’évier. La sommelière du palais présidentiel s’est depuis procurée des bouchons spéciaux pour resservir des grands crus déjà entamés. Cet exemple illustre, parmi d’autres, la volonté de faire des économies, de la cave de l’Elysée au bureau du président. Le budget du "Château" est ainsi passé de 112 millions d’euros en 2011 à 101 millions cette année. Au prix d’efforts réels.

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Des déplacements moins onéreux. Les déplacements du chef de l’Etat sont notamment source d’économies. Lors des visites préparatoires, avant donc le départ de François Hollande sur le terrain, dix personnes, dont deux officiers de sécurité, un diplomate et un attaché de presse, sont envoyés pour repérer les lieux, contre une quinzaine auparavant. Tout ce beau monde voyage en classe économique, et non plus en business. Et dort dans des hôtels moyenne gamme, au prix négocié. Le tout sous l’oeil de Sylvie Hubac, directrice de cabinet et trésorière redoutée au Palais, qui vise chaque feuille de départ.

Du coup, quand François Hollande se rend annuellement, au mois de septembre, à l’Assemblée générale de l’ONU, cela coûte 800.000 euros, contre un million auparavant. L'addition pour un sommet européen à Bruxelles a quant à elle été divisée par deux, celle pour une rencontre franco-allemande divisée par quatre !

Des appels d’offres plus nombreux. Par ailleurs, tous les secteurs de commande et d’intendance, du ménage aux travaux d’entretien de peinture, sont soumis aux mêmes procédures que les marchés publics, avec appels d’offre et mise en concurrence. Cette démarche, initiée par le pouvoir précédent, a été amplifiée. 80% des dépenses de fonctionnement sont désormais soumises à cette procédure, contre 29% en 2012. L’entretien du parc de photocopieuses de l’Elysée a ainsi permis de dégager une économie de 170.000 euros.

Des coupes dans le personnel. A l’Elysée, les dépenses de personnel représentent 60% du budget de fonctionnement. Un poste de dépense non négligeable et, du coup, des économies potentielles importantes. Sous Nicolas Sarkozy, il y avait 52 membres de cabinet, ils ne sont plus que 40 aujourd’hui. L’ensemble des effectifs est passé de 882 personnes à 836. Chaque départ n’est en effet plus systématiquement remplacé. Récemment, la directrice du service de presse et l’une des plumes du Président sont partis et ont été remplacés en interne. Idem pour les départs en retraite, pas forcément compensés par une embauche. Et l’effort n’est pas terminé : d’autres postes peuvent encore être réalisés, grâce à la numérisation de l’administration ou la réduction des circuits papiers.

Cette baisse des effectifs a tout de même un effet négatif. Les heures supplémentaires ont en effet explosé : pas moins de 90.644 en 2012, pour un coût de 1,8 million d’euros. Leur nombre a légèrement baissé l’an dernier, avec 85.670 heures supplémentaires. Un chuffre qui reste considérable.

"Faites mieux, avec moins". Du coup, les cadres de l’Elysée se battent pour avoir plus de moyens. En vain. L’un d’eux, qui réclamait récemment une embauche auprès du Président après le départ d’un conseiller technique  a eu droit à cette réponse, un peu sèche, de François Hollande lui-même : "faites mieux, avec moins".

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Autre exemple d’économies bientôt réalisées sur le budget du personnel : au Palais de l’Alma (photo), 62 employés de l’Elysée sont actuellement logés sans loyer à débourser. A partir de septembre 2015, ceux qui ne sont pas mobilisables 24 heures sur 24 devront reverser une redevance.

Objectif : 100 millions d’euros en 2015. Au final, le rythme de réduction des dépenses imposé à l’Elysée est trois fois plus élevé que celui du budget de l’Etat. L’objectif, défini par François Hollande, est de parvenir à 100 millions d’euros de budget en 2015. "Passer en dessous, on aura du mal", glisse Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande.

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