L’ambitieux monsieur Borloo

Jean-Louis Borloo croit en ses chances d'accéder au pouvoir.
Jean-Louis Borloo croit en ses chances d'accéder au pouvoir.
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Jean-Louis Borloo est convaincu que "l’UDI va sauver notre pays". Pourquoi un tel optimisme ?

"Je suis chaud comme la braise". Jean-Louis Borloo a le sourire. Les divisions de l’UMP et la gestion de la crise par le gouvernement socialiste lui ouvrent grand les portes du pouvoir, analyse-t-il. Il s’y voit d’ailleurs déjà : "dans 18 mois, on gouverne..."

Son Union des démocrates et indépendants (UDI) a à peine un mois d’existence, mais son président lui prédit déjà un avenir radieux. Dimanche, les quelque 300 signataires du pacte fondateur de l'UDI valideront officiellement les statuts du nouveau parti. Un moment fort pour Jean-Louis Borloo, qui consacre toute son énergie à son nouveau bébé, lui qui a échoué à faire de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Ares) son marche pied pour la dernière présidentielle.

"Aujourd'hui, il n'y a plus de doctrines à l'UMP"

Fort de cet échec, le président du Parti radical a rassemblé autour de lui toute la galaxie centriste, à l’exception notable de François Bayrou, qui campe sur sa position d’un centre indépendant quand Borloo assume sa proximité avec l’UMP. Mais c’est justement l’évolution du principal parti d’opposition qui lui fait croire en ses chances. "À partir du moment où l’UMP est un échec et redevient un parti de droite classique, type RPR, le centre a une vraie carte à jouer", décrypte un centriste historique pour Europe1.fr. "Aujourd'hui, il n'y a plus de doctrines à l'UMP. Ils sont incapables de dire s'ils sont européens ou pas. Nous, nous avons une doctrine et une discipline. Nous n'avons peur ni des Allemands ni des musulmans", a poursuivi Jean-Louis Borloo dans Le Figaro.

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Mais la guerre intestine que se livre Jean-François Copé et François Fillon n’est pas son seul motif d’espoir. "Borloo pense que les erreurs actuelles du gouvernement vont nous pousser vers la récession, et que Hollande ne pourra faire autrement que de retourner devant les électeurs. C’est son intuition", explique à Europe1.fr Jean-Christophe Lagarde, l’un de ses lieutenants et le fondateur d'un nouveau parti de centre-droit, baptisé Force européenne démocrate.

Borloo parie sur une dissolution de l’Assemblée

Une dissolution de l’Assemblée nationale, puis une victoire de l’UDI lors des législatives anticipées, et donc Jean-Louis Borloo à Matignon, voilà le scénario rêvé. Politique fiction ? "Il reçoit beaucoup de messages des fédérations, qui le poussent à aller encore plus vite, plus fort. Les gens ont envie d’une autre alternance que le classique droite-gauche", croit savoir Jean-Christophe Lagarde.

A l’UDI, on se prépare donc à gouverner, et sans attendre 2017. Un "gouvernement-fantôme" est même en cours de constitution, comme Europe1.fr s’en était fait l‘écho. Optimisme béat ou méthode Coué ? "Il a envie de compter dans la vie politique et il sait y faire", s’amuse un ancien cadre de l’UDF.

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