L’aile gauche du PS fait sa rentrée pour se faire entendre

  • A
  • A
L’aile gauche du PS fait sa rentrée pour se faire entendre
@ MAXPPP
Partagez sur :

MARQUER SA DIFFÉRENCE - Montebourg, Hamon et Maurel tenaient leurs universités d’été. Mais chacun de son côté.

Face à un gouvernement qui assume une ligne social-démocrate et un parti socialiste aphone, l’aile gauche des socialistes peut espérer occuper un espace laissé vacant. De nombreux courants politiques ont donc décidé de s’activer, quitte à créer un embouteillage : pas moins de trois courants ont organisé ce week-end leur université de rentrée. Avec un mot d’ordre : reconstituer l’union des gauches sans laquelle, à leurs yeux, le gouvernement est voué à l’échec.

Montebourg 640

Montebourg revient sur scène et prédit l’échec du gouvernement. L’ancien ministre de l’Economie et du Redressement productif a convié ses soutiens à Laudun-L'Ardoise, dans le Gard, pour une l'université d'automne forcément très attendue puisqu’elle marquait son retour dans le débat publique. Objectif de ce rassemblement : réinventer la gauche et augmenter son influence au sein du PS.

"Nous vivons une crise politique, une crise gouvernementale, disons le mot, et qui évidemment pour le gouvernement auquel j’avais l’honneur d’appartenir, a constitué en quelque sorte une dislocation. Un pan de la montagne gouvernementale, un gros bloc s’est détaché", a estimé Arnaud Montebourg. "Y a-t-il des raisons que cela ne se poursuive pas ? Non car les causes n’ont pas été traitées", a poursuivi celui qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles pour 2022, voire avant.

hamon 640

© Reuters

Hamon veut reconstituer l’union des gauches. L’ancien ministre de l’Education s’est, lui, exprimé depuis Vieux Boucau, dans les Landes, où se tenait l'université d'été de son courant, Un monde d'avance. "Je n'ai aucun plaisir à voir ma famille politique échouer (...) aucune jouissance à voir d'autres que moi persister dans l'erreur", a-t-il assuré.

Pour éviter cette sombre perspective, Benoit Hamon a appelé au "rassemblement de la gauche", avec les écologistes et les communistes. Un rapprochement qui doit permettre de "se doter d'une doctrine de l'Etat providence qui ne se résume pas à la phrase +mieux d'Etat+" qui signifie "moins d'Etat". L’aile gauche de la gauche doit donc se mettre au travail et l’ancien ministre a prévenu : si elle ne se rassemble pas, elle est vouée à l’échec. L'arrivée du FN au pouvoir en 2017 est "une perspective possible", a prévenu Benoit Hamon, "sauf si la gauche... et je vous laisse écrire l'histoire qui va avec".

>> LIRE AUSSI - Benoît Hamon, objectif PS

"Maintenant la gauche" veut un retour aux fondamentaux. La dernière université de rentrée réunissait les membres du courant "Maintenant la gauche", dont Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj.

Le ton y était un peu plus corrosif, Emmanuel Maurel affirmant qu'il ne laisserait "pas le Parti socialiste à ceux qui ne le sont plus. (…) Si tous les dégoûtés s'en vont, il ne restera plus que les dégoûtants". Maintenant la gauche appelle donc ses membres à phosporer car, selon les mots de Jérôme Guedj, "c'est par notre travail constant que nous sommes ceux qui peuvent créer les conditions du rassemblement de la gauche".

Duflot

© Reuters

Les alliés du PS tiennent le même discours. Invitée dans les Landes par Benoit Hamon, l’ancienne ministre du Logement Cécile Duflot a tenu le même discours : "nous avons un devoir d'invention collective qui est de bâtir une galaxie nouvelle, de retrouver la voie d'une voie d'un projet de transformation sociale". D’autant que l’écologiste considère avoir de nombreuses affinités avec le PS. "Si le socialisme, c'est travailler sur une organisation sociale et économique qui tend vers plus de justice sociale et moins d'inégalités, alors je me sens beaucoup plus socialiste que le Premier ministre", a ironisé Cécile Duflot.

>> LIRE AUSSI - Alerte "hémorragie" au Parti socialiste