Karachi : Robert enfonce Balladur

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Karachi : Robert enfonce Balladur
Le Conseil consitutionnel aurait fermé les yeux sur 10 millions de francs occultes de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.
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Le Conseil constitutionnel aurait "blanchi" près de 1,5 million d'euros lors de la campagne de 1995.

L'accusation est forte et elle est proférée  par un ancien Sage. Jacques Robert, membre du Conseil constitutionnel de 1989 à 1998, a étudié les comptes de campagne de l'élection présidentielle de 1995.

Dans une interview au journal Le Parisien, il raconte comment le Conseil constitutionnel aurait fermé les yeux sur 10 millions de francs (1,5 millions d'euros) de la campagne d'Edouard Balladur. La provenance de cet argent n'a pas été identifiée.

Origine inconnue

Jacques Robert commence l'examen des comptes de campagne en octobre 1995. Les comptes d'Edouard Balladur, éliminé au premier tour de l'élection de 1995, sont passés au crible. "Il a été examiné par trois conseillers rapporteurs détachés auprès de nous par la Cour des comptes et le Conseil d'Etat", raconte ce professeur de droit. Lorsque le rapport tombe, le constat est sans appel : "les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d'origine inconnue. Il étaient donc irréguliers", explique Jacques Robert.

Une lettre recommandée

Selon l'ancien Sage, une lettre recommandée a été envoyée à trois reprises à Edouard Balladur mais les examinateurs n'ont eu aucune explication satisfaisante. "L'explication selon laquelle ces 10 millions provenaient de la vente de tee-shirts, esquissée par son trésorier ne tenait pas la route", confie Jacques Robert au Parisien.

Roland Dumas

Dans cette interview, Jacques Robert, également président honoraire de l'université Panthéon-Assas, accuse Roland Dumas, alors président du Conseil constitutionnel, d'avoir fermé les yeux sur cette affaire de fonds occultes. "On n'est pas là pour flanquer la pagaille", aurait dit l'ancien ministre des Affaires étrangères de  Mitterrand aux rapporteurs des comptes.

Les "examinateurs" obtempèrent. Ils auraient modifiés les comptes de campagne pour finir quasiment à l'équilibre, "à un franc près", raconte Jacques Robert qui dit ne pas se souvenir de son "vote" dans cette affaire.

Le même traitement d'effacement des comptes aurait été réservé à Jacques Chirac mais l'ex-Sage donne très peu de détails sur la campagne remportée par l'ancien président.

Karachi

Ce témoignage pourrait relancer l'enquête lancée par le juge Van Ruymbeke dans l'affaire Karachi. La justice cherche à savoir si des commissions versées en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II), ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Selon Pars-Match.com, Balladur aurait écrit à Renaud Van Ruymbecke pour donner des détails sur les conditions d'achat en juin 1996, sans recours à un emprunt, d'une maison de campagne d'une valeur de 7,3 millions de francs.