Justice : Bayrou avertit Belloubet qu'elle rencontrera des "résistances" "sur la moralisation politique

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Justice : Bayrou avertit Belloubet qu'elle rencontrera des "résistances" "sur la moralisation politique
"C'est un honneur pour moi de vous succéder. J'espère que j'obtiendrai la réussite que vous méritiez".@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Dans une assez longue allocution, le chef du MoDem a estimé que la juriste qui lui succède avait "beaucoup de chance".

Une passation de pouvoirs en forme d'avertissement : le ministre de la Justice sortant François Bayrou a averti jeudi Nicole Belloubet qu'elle rencontrera des "résistances" en matière de moralisation de la vie publique.

Résistance des "lobbies". Dans une assez longue allocution, le chef du MoDem a estimé que la juriste qui lui succède avait "beaucoup de chance". Il quitte la Chancellerie au bout d'un mois seulement, emporté par l'enquête judiciaire qui secoue son parti. François Bayrou a averti la nouvelle ministre qu'elle rencontrerait "un certain nombre de résistances explicites ou plus souvent encore implicites" en défendant le projet de loi sur la moralisation politique qu'il a mis sur les rails, le premier du quinquennat. François Bayrou a précisé que ces résistances viendraient du monde politique comme des "lobbies", et promis d'aider "de toutes (ses) forces" Nicole Belloubet.

"Je vous ai entendu". Il l'a également invitée à défendre une réforme constitutionnelle ambitieuse sur l'indépendance du parquet, donnant au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), organe indépendant, un pouvoir non seulement de veto mais aussi de "proposition" dans les nominations de procureurs. François Bayrou s'est aussi interrogé sur la formulation d'une ordonnance de 1958 qui place les magistrats du parquet "sous l'autorité" du garde des Sceaux. "Je ne vous ai pas seulement écouté, je vous ai entendu", a dit Nicole Belloubet.

"Un défi". "Je m'inscrirai, au-delà de l'exigence de continuité républicaine, dans vos pas", a-t-elle ajouté. Cette agrégée de droit public, ancienne rectrice, et depuis 2013 membre du Conseil constitutionnel, a estimé que la loi de moralisation de la vie politique était "un chantier de l'urgence". Elle a aussi dit que sa fonction impliquait de "veiller à la protection des libertés", "un défi dans le temps d'insécurité que nous vivons", alors que le gouvernement s'apprête à valider un projet de loi antiterroriste critiqué par les défenseurs des droits de l'homme.

"C'est très émouvant et très inattendu." "C'est un honneur pour moi de vous succéder. J'espère que j'obtiendrai la réussite que vous méritiez", a-t-elle conclu. Posant pour les photographes à la fin de la cérémonie, avant de se rendre à l'Elysée pour un conseil de défense, cette femme de 62 ans a dit en souriant : "C'est très émouvant et très inattendu. Hier matin, je ne pensais pas que je me retrouverais ici aujourd'hui."