Alain Juppé : "je ne vais pas me faire ravaler la façade"

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Alain Juppé : "je ne vais pas me faire ravaler la façade"
@ Stéphane de Sakutin/AFP
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Le maire de Bordeaux était mardi en Seine-Saint-Denis, où il a notamment répondu aux questions du Bondy Blog.

Alain Juppé joue la carte de la proximité. C'est la stratégie du maire de Bordeaux pour l'année 2015, qui sera ponctuée de déplacements réguliers du maire de Bordeaux pour rencontrer les Français sur le terrain. Mardi, le candidat à la primaire de l'UMP a passé la journée en Seine-Saint-Denis. Il a notamment répondu aux questions du Bondy Blog, ce média en ligne qui se veut être la voix des quartiers sensibles. Tous les sujets étaient au menu : ses idées, l'UMP, mais aussi son âge - 69 ans - souvent raillé en privé par son rival Nicolas Sarkozy.

"L'âge, c'est l'expérience". "J’ai mon âge et puis voilà, c'est tout ! Je ne vais pas me faire ravaler la façade", a ironisé Alain Juppé, pour qui "ça peut être un atout, parce que l'âge, c'est l'expérience". "On peut être très jeune et ne rien comprendre au monde dans lequel on vit", a-t-il ajouté.



"Une question piège" sur Hollande. Petit silence lorsqu'on lui demande ce que François Hollande "a fait de bien". "Je ne sais pas… Il faut que je réfléchisse. C'est une question piège", répond d'abord Alain Juppé, avant de saluer tout de même l'opération militaire au Mali. "Il fallait le faire, il l'a fait, c'est bien", reconnaît le maire de Bordeaux. En revanche, "en Europe, il n'a pas fait grand-chose de très courageux et de très important", nuance-t-il aussitôt.



Sa "part de féminité"... Question indiscrète posée par le Bondy Blog à Alain Juppé : aurait-il une part de féminité ? "Oui, je pense", répond-il. Ça me donne envie d'évoquer quelques souvenirs, mais je ne le ferai pas !"



Attaque contre le gouvernement. Le ton était plus sérieux mardi soir, lors d'un meeting de soutien aux candidats aux départementales à Montreuil auquel a participé Alain Juppé. Dans sa bouche, point d'appel au "rassemblement de la droite et du centre" qui lui est si cher, ou d'avertissement sur la menace Front national, rapporte Le Monde. Mais une attaque en règle contre la politique du gouvernement. "La France ne va pas bien, car elle n'est pas bien gouvernée", a-t-il asséné.

Dans la lignée de nombreux ténors de droite, Alain Juppé s'en est aussi pris à la garde des Sceaux, Christiane Taubira, et à sa "désastreuse politique pénale mise en œuvre depuis 2012". Il a aussi accusé François Hollande de ne pas "lutter contre l'assistanat pour inciter les chômeurs à reprendre un emploi". Des propos durs, qui contrastent avec le ton habituellement modéré du maire de Bordeaux. Alors que Nicolas Sarkozy cherche actuellement à s'adresser à la base de l'électorat UMP, Alain Juppé semble vouloir lui aussi investir ce terrain. Quitte à durcir le ton.

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