Jouyet menace de dénoncer les abus des patrons

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Jouyet menace de dénoncer les abus des patrons
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Le président de l’AMF a dévoilé les grandes lignes de son rapport sur les rémunérations des grands patrons.

"On se réserve le droit, à un certain moment, je pense l’année prochaine, de rendre publics [les noms des entreprises] qui n’auraient pas respecté le code [de bonne conduite édité par le Medef fin 2008] s’il n’y a pas d’améliorations", a menacé le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, jeudi matin sur Europe 1.

Révélant les grandes lignes du rapport de l’AMF sur la rémunération des dirigeants de 60 grandes entreprises françaises, Jean-Pierre Jouyet a réclamé "des éléments beaucoup plus précis" sur l’attribution de "retraites-chapeaux", ces sommes versées par une entreprise à son ancien patron et s'ajoutant au régime général.

Plus généralement, il juge qu'"il y a besoin de plus transparence sur l’attribution des stocks options [et] les critères de performance", affirmant, à propos du code édité par le Medef, qu'il y a "une bonne application quantitative" tandis que "l'application qualitative reste véritablement à être améliorée".

Sur la question des parachutes dorés, le patron de l'AMF estime "qu'il reste des abus de manière très marginale". Selon lui, "dans les 60% de sociétés qui ont des parachutes dorés, 90% respectent le code" de bonne conduite édité par le Medef.

Estimant à titre personnel "très difficile de légiférer sur tous les aspects de la rémunération, que ce soit pour un patron ou un salarié", l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes affirme que si le code édité par Medef "n’était pas respecté […], le législateur" pourrait se saisir de la question.

Interrogé, en plein mercato, sur les montants des transferts des joueurs de football, Jean-Pierre Jouyet a encore jugé que "les dérives des dirigeants d’entreprises sont beaucoup moins grandes que les dérives auxquelles on assiste dans le football". Tout en affirmant ne pas avoir "le pouvoir" d’intervenir sur la question, il s’est encore dit "comme Michel Platini", sur la ligne "de ceux qui pensent que l’on est en train de dévoyer l’utilité sociale d’un sport".