Jouyet, l'ami de Hollande qui plaisait aussi à Sarkozy

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Jouyet, l'ami de Hollande qui plaisait aussi à Sarkozy
Jean-Pierre Jouyet, fidèle de François Hollande et actuel président de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), vient d'être nommé secrétaire général de l'Elysée.@ Reuters
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PORTRAIT - Homme de réseau et expert de l'Europe, Jean-Pierre Jouyet vient d'être nommé secrétaire général de l'Elysée.

"J'aime conseiller, le pouvoir ne m'amuse que modérément", déclarait-il à Reuters, en 2008. Jean-Pierre Jouyet va donc continuer de pouvoir faire ce qu'il aime. Ce fidèle de François Hollande et actuel président de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) vient d'être nommé secrétaire général de l'Elysée, l'équivalent du poste de premier conseiller de l'ombre du chef de l'Etat. Après un passage à la tête d'institutions les plus prestigieuses de la République, celui qui a, aussi, était membre du gouvernement sous Nicolas Sarkozy, remplace ainsi Pierre-René Lemas. Portrait d'un homme de réseau au parcours hors-normes, bien que discret.

Un proche de Hollande... "François Hollande et Jean-Pierre Jouyet se ressemblent beaucoup. Ils ont le même caractère et la même façon de fonctionner avec leur entourage. Et leur lien n'a jamais été rompu, ils ont toujours été en contact direct", a confié à l'AFP un proche du nouveau secrétaire général de l'Elysée, en poste à la CDC. Jean-Pierre Jouyet, 60 ans et catholique, se dit carrément "socialiste par amitié". Et cette amitié n'est pas nouvelle, puisqu'elle remonte à leurs études à l'Ecole nationale d'administration (Ena), dont ils sont sortis diplômés lors de la célèbre promotion Voltaire de 1980.

... Qui lui sera bien utile... Stéphane le Foll, porte-parole du gouvernement, a d'ailleurs expliqué la nomination de Jean-Pierre Jouyet par "ses compétences et ses liens avec François Hollande". Le chef de l'Etat, lui, a insisté sur les compétences de son nouveau conseiller, mais pas seulement. "Dès lors qu'une nouvelle équipe s'installait à Matignon, je souhaitais qu'il y ait une nouvelle équipe à l'Elysée", explique-t-il mercredi dans une interview au Monde, prônant "une cohérence absolue, une équipe quasiment fusionnelle, une véritable unité de commandement".

Jouyet

© Reuters

Un commentaire qui sonne, aussi, comme une critique en creux de Pierre-René Lemas, lui aussi un fidèle du chef de l'Etat, mais souvent critiqué pour n'avoir pas su imposer une discipline stricte à l'ensemble du gouvernement. Jean-Pierre Jouyet est toutefois cité pour le poste depuis 2012. Le chef de l'Etat vante qu'il "connaît tout le monde et est respecté de tout le monde, y compris dans l'opposition".

"Une des qualités de Jouyet est qu'il est, aussi, politique. François Hollande politise son dispositif. Il sort d'un dispositif qui était quand même assez technocratique. Donc il prend des gens qui ont une dimension politique et il essaye de relancer le Parti socialiste. Et il y a du boulot!", détaille également un député socialiste connaisseur, cité par l'AFP.

... Même s'il a travaillé avec Nicolas Sarkozy. Membre du cabinet du Premier ministre Lionel Jospin de 1997 à 2000, Jean-Pierre Jouyet rejoint ensuite celui de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne, avant de diriger ce cabinet de 1994 à 1995, au moment de la création de la monnaie unique. Et c'est cette expérience bruxelloise que Nicolas Sarkozy recherche lorsqu'il le nomme, en 2007, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Jean-Pierre Jouyet occupera cette fonction le temps de mener à bien le pilotage de la présidence française de l'Union européenne, qui s'achève le 31 décembre 2008.

Jouyet Sarkozy

© Reuters

Les propos qu'il tient alors sur Nicolas Sarkozy risquent d'ailleurs de lui revenir un jour comme un boomerang, maintenant qu'il travaille avec le pouvoir socialiste. À l'époque, il ne cachait pas son admiration sur la capacité de l'ancien président à "réveiller la Belle au bois dormant" européenne. "Rien ne sera plus comme avant", avait-il même déclaré. "Nicolas Sarkozy a inventé un nouveau mode d'organisation, de décision, d'impulsion au niveau européen", défendait-il encore. En guise de "récompense", l'ancien président le nommera à la tête de l'Autorité des marchés financiers (AMF), où il a vivement bataillé à leur régulation. Mais François Hollande ne lui a, visiblement, pas tenu rigueur de cette expérience.

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