Jospin a "l’esprit de revanche"

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Jospin a "l’esprit de revanche"
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Pour l’ancien Premier ministre, une victoire socialiste en 2012 pourra enfin faire oublier 2002.

Théoriquement retiré de la vie politique depuis son échec à la présidentielle de 2002, Lionel Jospin n’a pourtant pas pris définitivement ses distances. L’ancien Premier ministre reste un observateur des plus actifs et il n’hésite pas à donner son point de vue sur un milieu qu’il connaît encore très bien. Mardi, sur Europe 1, il a déclaré qu’une victoire d’un socialiste en 2012 serait un bon moyen de prendre sa revanche sur le 21 avril 2002. "Si j’ai l’esprit de revanche, la réponse est oui, et je le souhaite", a-t-il assuré. Et est-il habité par cet esprit de revanche qu’il évoque ? "Oui, comme tout ancien compétiteur", a-t-il répondu dans un sourire.

Quant à désigner celui ou celle qui aura le plus de chances d’emporter la magistrature suprême dans son camp, Lionel Jospin s’y refuse toujours. Pas question donc de trancher entre Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Ségolène Royal, tous déclarés ou fortement pressentis pour être candidats à la candidature. Et tous des anciens ministres de Lionel Jospin, ou des très proches. "En tous cas, cela créé pour moi des liens avec tous, ce qui va me faire, face à certaines questions, redoubler de prudence", sourit-il.

Lionel Jospin n’exclut pas en revanche d’assister le candidat sorti vainqueur des primaires du PS. "Je ne veux pas me mettre ni en surplomb par rapport au PS, ni me poser en mentor par rapport à telle ou telle personnalité, tempère-t-il toutefois. Ça dépendra d’abord de ce qu’on me demandera. Forcément j’accompagnerai, je suis toujours socialiste."

Regardez l’intégralité de l’interview de Lionel Jospin sur Europe 1 :

L’ancien Premier ministre n’a pas oublié d’égratigner Nicolas Sarkozy. "Je lui reconnais des qualités d’ardeur, d’énergie. Mais Nicolas Sarkozy aurait dû infléchir sa politique économique et sociale après la crise. Il est bon d’en tirer des leçons du côté des banquiers, encore que celles qu’on tire sont douces, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais du côté de tous ceux qui souffrent de la crise, je pense que notre politique économique aurait due être infléchie, non pas seulement pas esprit de justice, mais aussi par souci d’efficacité, si on veut favoriser la relance."

Enfin, Lionel Jospin a évoqué sa cohabitation souvent difficile avec Jacques Chirac entre 1997 et 2002. "J’ai dit à quel point avoir voulu exploiter des affaires inexistantes contre moi, alors que je n’exploitais pas celles qui, à l’évidence, dans les procédures judiciaires, existaient potentiellement contre le président, n’est pas une conception de la politique que je reconnaissais."