José Manuel Barroso devrait être réélu sans souci à la tête de la Commission

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José Manuel Barroso devrait être réélu sans souci à la tête de la Commission
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Sauf victoire surprise des partis de gauche, le conservateur portugais José Manuel Barroso a toutes les chances d'être reconduit dans la foulée à la tête de la Commission européenne. "C'est le candidat sortant, difficile à écarter" en l'absence d'un concurrent sérieux ou d'une coalition de pays se liguant contre lui, explique un spécialiste.

L'ancien Premier ministre du Portugal avait été propulsé en 2004 à la tête de la Commission européenne, institution clé qui impulse des projets de lois (discutées ensuite par les Etats et le Parlement) et veille à leur application finale. Ce polyglotte de 53 ans est très tôt parti en campagne, ce qui a échaudé toutes les velléités de ses rivaux. Conséquence : les conservateurs du Parti populaire européen -première formation du Parlement européen- l'ont adoubé à l'unanimité, en dépit des réserves du président français Nicolas Sarkozy à son égard. Barroso assure pourtant disposer du soutien de la France. Les socialistes européens, eux, n'ont pas présenté leur propre candidat. Les socialistes français ont attaqué l'action de Barroso. Mais le Premier ministre britannique Gordon Brown, un travailliste qui apprécie le libéralisme de la Commission, soutient un deuxième mandat du Portugais. Le Premier ministre socialiste portugais José Socrates lui a apporté un appui "patriote".

Premier président d'un collège de 26 commissaires (issu de l'arrivée dans l'UE de 12 nouveaux pays depuis 2004), Barroso a su "imposer une unité alors que l'anarchie menaçait", souligne un ancien haut fonctionnaire de la Commission. "Il sait diriger les débats, tirer des conclusions, et cette coordination forte a été utile pour mener à bien le plan climat-énergie" qui touche à de multiples secteurs, juge-t-il. Ce plan imposant des contraintes environnementales inédites à l'industrie européenne est considéré comme le grand succès de José Manuel Barroso. Sa lenteur à l'automne à réagir à la crise financière aurait pu sonner sa disgrâce. Cette inaction, face aux annonces faites tambour battant de Paris et Londres, a affaibli le poids de sa Commission face aux gouvernements. Il a aussi surmonté les crises institutionnelles nées du rejet en France, aux Pays-Bas et en Irlande des projets de réformes du fonctionnement de l'UE.

Les dirigeants européens doivent en principe arrêter leur choix lors de leur sommet des 18-19 juin, suivant les élections. Si la majorité du Parlement basculait à gauche, la légitimité de Barroso serait remise en cause.